Popa Chubby - "Back to New York City"

Par Scred | le 30/09/2011 | Les autres articles sur le Blues

World Trade Fender
Popa Chubby revient à New York, ah bon, parce qu’il en était parti ? Première nouvelle ! Le retour au bercail en question est bien entendu avant tout métaphorique… Le massif guitariste aussi indissociable de la grosse pomme que peut l’être la statue de la liberté avait depuis quelques albums mis de plus en plus de rock énervé dans son blues déjà velu, or ce nouvel album traduit une envie très nette de la part de son auteur de se replonger dans un blues plus classique, même si toujours aussi agressif.
Popa Chubby - "Back to New York City" Et comme à son habitude, le bonhomme vampirise avec gourmandise les chemins électriques empruntés avant lui par Jimi Hendrix pour annoncer son comeback, « Back to New York City », qui fait mouche là où Lenny Kravitz avec son « Are you gonna go my way » n’avait fait qu’effleurer le sujet… L’analogie entre les deux chansons est tellement criante que cela en est presque dérangeant, sauf qu’au bout de pas longtemps, on se rend bien compte que l’une est bien plus excitante que l’autre, je vous laisse deviner laquelle…

« She loves everybody but me » s’amuse à dynamiter le rythm n’ blues à papa pour en faire du R n’ B à Popa, solo mordant et chœurs allègres de rigueur, on ne perd pas au change, et peu importe si la formule est connue ! Au diable l’originalité quand on a la qualité pas vrai ? D’autant plus que cette impression d’être en terrain connu va très vite s’estomper avec « Pond of Flesh », première surprise de l’album avec son ambiance mystique de blues de fin du monde, difficilement descriptible mais terriblement envoutante.

Popa Chubby passe alors la troisième et nous emmène sur la route avec « Warrior God », partant d’un slam entre hard rock millésimé et blues de biker, la guitare file à deux cent à l’heure avant d’exploser sur le bas côté à grand renfort de pédale wah wah. On pense à Steppenwolf, le vent dans les cheveux, les rednecks puants de transpiration qui regardent passer la caravane en aboyant et Popa qui se sort indemne de l’accident avec un sourire carnassier sur le visage…

Carnassier comme les coyotes se régalant à belles dents d’une quelconque charogne dans le générique de fin de « Natural Born Killers » sur la musique de Leonard Cohen, « The Future » que ça s’appelait et Popa Chubby en grand fan de Cohen s’autorise une reprise presqu’aussi sombre et torturée que l’originale, les hurlements de la Fender du colosse remplaçant avantageusement ceux de la meute. Probablement la meilleure reprise jamais enregistrée de ce titre, mais en existe-t-il une autre ?

Le reste de l’album est délicieusement varié, du rock classique qui ravira les amoureux des Who (« It’s about you »), au blues nostalgique (« A love that will not die ») en passant par un exemple d’école de ce doit être un bon blues new yorkais qui se respecte (« Keep your woodpile dry ») sans oublier le très sensuel « Stand before the sun » avec son ambiance Urge Overkill, chacun y trouvera quelque chose à aimer, si ce n’est l’ensemble.

En réalité, Popa Chubby pourrait bien continuer à un rythme d’un album par an pendant toute sa carrière sans jamais nous lasser une seule seconde, et ce pour un raison très simple, il fait ce qu’il veut, ce qu’il aime et malheur à qui essaierai de lui dicter sa musique, comment est-ce qu’il devrait sonner pour vendre plus, pour passer à la télévision, pour plaire à ma mère, j’en oublie. Il y en a, j’en connais, qui se sont mangé une Stratocaster en travers de la tronche pour moins que ça !
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