Pink Floyd - "The Dark Side of the Moon" (Experience Edition 2011)

Par Scred | le 27/09/2011 | Les autres articles sur le Rock

Fiat Lux(e)
Cela était annoncé, attendu, un peu redouté également et enfin ça y est, l’intégralité du catalogue de Pink Floyd est réédité en coffret luxueux… encore ! Mais oui, souvenez vous, c’était il y a quatre ans, une jolie boîte intitulée avec humour « Oh by the way » regroupait déjà la totalité des albums du groupe anglais en reproduisant le packaging des vinyls originaux, goodies inclus (mention spéciale à l’emballage plastifié de « Wish you were here »). Ah oui ma bonne dame, mais cette fois-ci, les albums sont remasterisés, ça change tout ! Ou pas…
Pink Floyd - "The Dark Side of the Moon" (Experience Edition 2011) En effet, si le boulot des ingénieurs du son aux doigts de fée pouvait se justifier sur les œuvres des Beatles ou de Led Zeppelin dont les premiers pressages en laser étaient d’une platitude consternante, il faut bien avouer que les albums des Pink Floyd avaient plutôt bien supporté leur transfert sur la petite rondelle irisée, au point même que celui qui nous intéresse ici, le mythique « Dark side of the Moon », servait de mètre étalon lorsque l’on voulait tester les capacités d’une installation haute fidélité…

Alors à quoi bon ? D’autant plus que l’album au prisme avait déjà bénéficié d’un traitement de faveur en 2004 avec sa version SACD, du coup on pouvait légitimement se dire que décidément, Roger Waters avait eu du nez en plaçant « Money » dans la tracklist du disque. On serait un peu médisants mais cela ne serait pas la première fois, fourbes que nous sommes dans la presse rock…

Il n’empêche qu’il y a tout de même un peu de vrai là dedans… Après plusieurs écoutes acharnées de la version 2007 et de cette nouvelle mouture, au casque, en switchant de l’une à l’autre au même moment, sur l’intro de « Time », la montée lysergique de « On the Run » ou encore les envolées castafioresques de « The Great Gig in the Sky », force est de constater qu’on ne constate rien ! Pas de mixage révolutionnaire, pas d’explosion de notes encore restées obscures, pas de différence en fait, à moins de s’équiper d’un matériel digne des Ghostbusters qui vous dénicherait sans doute une fréquence par ci ou une onde par là…

Mais pour nous autres, pauvres mortels seulement pourvus d’une paire d’oreilles même pas 5.1, rien de nouveau sous la pyramide d’où bientôt quarante ans nous contemplent. On ne peut pas en dire autant du disque bonus qui accompagne cette édition dite « Experience », par opposition au monstrueux coffret « Immersion » dont nous ne parlerons pas ici parce que trop cher pour votre serviteur qui n’a pas été invité chez EMI pour une écoute privilégiée (même pas mal).

En effet, ce que nous propose ce second disque n’est rien moins que l’intégralité de l’album joué en live par un Pink Floyd au sommet de son art à Wembley, en 1974. Et là, pour le coup, il y a de quoi avoir le souffle coupé. Si « Dark Side of the Moon » est probablement l’un des albums les plus froids de Pink Floyd (ce qui ne signifie pas dépourvu d’âme, comprenons nous bien), une perfection d’émotion glaciale dans un écrin technologique, la version live de l’album récupère de la chair, des muscles, quelques gouttes de sang et parfois même un peu de sueur.

Même si l’interprétation du groupe reste fidèle au modèle, il se passe quelque chose dans la voix de David Gilmour lorsqu’il chante « Time » (probablement la meilleure version de ce titre à ce jour), dans la basse de Roger Waters sur « Breathe », dans l’orgue de Richard Wright sur la version longue d’« Any Colour you like », on redécouvre un album moins mathématique, plus sensuel au sens strict du terme, ce qui est un petit exploit en soi.

Ainsi donc, l’achat du bijou n’est peut-être pas obligatoire pour celui qui en possède déjà une édition plus ancienne, mais pour le fan avide de sensations fortes, l’expérience (on y vient) du concert londonien exhumé des archives Floydiennes risque fort d’être indispensable. Vivement le mois de novembre pour découvrir les petites gourmandises promises sur la nouvelle version de « Wish you were here »…
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