Pearl Jam - "Live on ten legs"

Par Scred | le 17/01/2011 | Les autres articles sur le Rock

Survivants
La carrière de Pearl Jam a ceci d’exceptionnel qu’elle se fiche éperdument des modes… Associés à la vague grunge dans les années 90 du fait de leur proximité géographique avec les furieux de Seattle, les Pearl Jam n’avaient pourtant pas grand chose à voir avec les Nirvana et autres Alice in Chains ou Soundgarden. Pratiquant un rock qui puisait ses racines auprès des punks (Ramones) comme des folkeux à la Neil Young, ils se construisirent une base de fans solide, attirés autant par le son du groupe que par l’état d’esprit qui animait ses membres (engagement politique et social très fort, places de concert à bas prix).
Pearl Jam - "Live on ten legs" Vingt ans après la parution de « Ten », leur premier album, Pearl Jam nous offre aujourd’hui avec « Live on ten legs » un superbe cadeau d’anniversaire, un bilan de carrière sous la forme qu’ils affectionnent le plus, à savoir un album enregistré en concert couvrant les huit dernières années de tournées du groupe. Rien que ça.

C’est d’ailleurs une initiative heureuse car Pearl Jam doit probablement détenir avec Deep Purple le record toutes catégories du nombre d’albums live parus à ce jour pour le même groupe ! Depuis « Live on two legs » en 1998, ils ont en effet inondé le marché avec leurs bootlegs, ou les fameux « Live at the Gorge » pour ne citer que les meilleurs… Résultat des courses, on se perd un peu devant la masse de matériel à disposition et une petite compilation est la bienvenue pour remettre tout cela à plat !

Car avec neuf albums studio au compteur, Pearl Jam a de quoi faire lorsqu’ils doivent mettre au point une setlist, d’autant plus que la bande d’Eddie Vedder est également très friande des reprises diverses et des inédits variés éparpillés sur toutes sortes de compilations et de bandes originales de films. Un vrai régal pour les collectionneurs qui seront servis au delà de leurs espérances avec cet album qui regorge de perles rares…

Commençons par les reprises, puisque c’est également par là que le disque démarre avec le « Arms Aloft » de Joe Strummer & The Mescaleros, un bel hommage à l’ancien chanteur des Clash qui en dit long sur la culture musicale du groupe. Pearl Jam, comme à son habitude, s’approprie complètement la chanson et la transforme en un titre aussi moderne que le reste de leur répertoire, tout comme le « Public Image » de PIL, le projet post-Sex Pistols de Johnny Rotten qui sonne encore plus vicieux que l’original. Clash, Pistols, le décor est planté !

Au niveau des inédits, Pearl Jam n’est pas non plus avare de générosité en dégainant le très efficace « State of love and trust » (tiré de la bande originale du film « Singles ») sans oublier l’éternel « Yellow Led better » qui conclut traditionnellement chacun de leurs concerts. Les fans apprécieront…

Pour le reste, le groupe opère un casting sans faute dans leur imposante discographie depuis les grands classiques que sont « Jeremy », « Alive » et « Animal » en passant par quelques titres cultes comme « Rearview Mirror », « In Hiding » ou encore « Spin the black circle » tout en laissant la part belle aux morceaux de leur dernier album en date avec le superbe « Just Breathe », petite pause romantique au milieu des très énervés « Got some », « The Fixer » et autres « Unthought known».

La production est à la hauteur de la qualité des titres choisis, le public participe activement sans noyer le son du groupe qui est, comme de coutume, absolument irréprochable tant dans l’exécution que dans le plaisir qu’il prend à être sur scène depuis deux décennies et c’est sans doute cela qui rend l’écoute de cet album aussi excitante, ce sentiment de faire partie du truc par procuration, de vivre l’événement avec les musiciens et non pas d’être un simple spectateur. Joyeux anniversaire les gars, rendez-vous dans vingt piges !
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