Paul Personne - "A l'ouest - Face A"

Par Scred | le 26/05/2011 | Les autres articles sur le Blues

Besoin de Personne
Dans la famille des légendes du blues en français, je voudrais le père… et le grand-père voire même l’oncle car ils sont peu nombreux les bluesmen purs et durs s’exprimant dans la langue de Molière a avoir réussi à imposer la musique du diable devant un large public. En un mot, Paul Personne est au blues hexagonal ce que les cordes sont à une guitare, indissociable.
Paul Personne - "A l'ouest - Face A" Faisant fi des modes, il trace sa route sans jamais être freiné par les nombreuses croisées des chemins qui ont parsemé sa carrière et nous revient aujourd’hui avec un album sublimement anachronique au concept osé puisqu’il s’agit d’un double opus prévu pour sortir en deux volumes à quelques mois d’intervalles. Qui a dit que la crise du disque muselait la créativité et empêchait les artistes d’être ambitieux ? On a dû oublier de passer le message à Paul Personne.

La première salve de « À l’Ouest » s’intitule donc très logiquement « Face A » et comporte neuf titres aussi différents que peuvent l’être les nombreuses facettes du blues, tantôt rock sur le single « J’ai rêvé » qui chasse avec bonheur sur les terres d’un certain Carlos Santana avec son ambiance légèrement latino et le son de la guitare de Personne qui s’amuse avec une saturation limpide et quelques envolées inspirées, tantôt psychédélique sur « Jerky » qui nous ramène à San Francisco à la grande époque de Big Brother and the Holding Company, tantôt sudiste sur « To a friend », un hommage au regretté Calvin Russel…

On pourrait continuer comme ça un bon moment car tout y passe ! Paul Personne a décidé de varier les plaisirs avec pour seul fil rouge la période à laquelle font référence chacune de ces chansons, les sixties flamboyantes où la jeunesse de tout un pays redécouvrit une musique jusqu’alors réservée aux petits enfants des anciens esclaves.

D’ailleurs, les références explicites ne manquent pas… Quand « Dancin’ » évoque clairement le « When the Music’s over » des Doors, « Qui t’aime vraiment » emprunte sans complexes le riff du « Sparks » des Who en y rajoutant une touche de grands espaces au moyen d’un slide diabolique. Paul Personne s’inspire sans jamais plagier et le résultat est bluffant d’authenticité.

C’est une ballade country folk qui clôt l’album, « Bonne Soirée », où l’on retrouve la voix chaude et abîmée de Personne dans l’un de ses exercices de prédilection, l’harmonica miaule dans la plus pure tradition du genre et on glisse doucement dans une torpeur confortable, rassasié après une collection de chansons brillantes qui présage du meilleur pour la suite des évènements… Le reste du programme est prévu pour le mois de septembre, on a vraiment hâte.
    Dîtes nous si vous avez aimé cet article.