Concert Pamela Hute – La Boule Noire – 06/05/10

Par Scred | le 07/05/2010 | Les autres articles sur le Rock Indépendant

Pam, elle l’a
Oui mais quoi ? Le charisme, certes… Lorsque le groupe débarque sur scène, en chemise et veste de costard, on a l’impression de voir des cadres de bureau pétant un plomb après une journée de boulot un peu plus dure que les autres.
Concert Pamela Hute – La Boule Noire – 06/05/10 Et c’est bien sûr Pamela elle même qui focalise toute l’attention dans un savant mélange de punch et de fragilité, les yeux mis clos derrière sa mèche et ses éternelles lunettes, la bouche entrouverte dans une parfaite imitation de l’extase, elle attire la lumière et irradie la salle de sa présence.

Quoi d’autre ? Le son évidemment… Pamela Hute n’est pas un groupe à classer dans la catégorie « électro » malgré les nombreux éléments synthétiques qui composent sa musique. Ici, on nage dans l’analogique pur et dur et les sons qu’Igor tire de ses machines renvoient plus aux premiers frémissements de la « Cold Wave » britannique (Depeche Mode, Erasure) qu’à la musique sans âme crachée par un ordinateur anonyme. Pamela n’est d’ailleurs pas en reste puisque sa Fender Mustang rajoute une couche de vintage au tableau à chaque glissement du médiator sur les cordes, ça crache, ça tranche, ça sent l’authentique à plein nez.

Enfin, il y a les chansons… Important ça non ? C’est pas le tout d’avoir un look et un son qui déchirent, encore faut-il avoir des compositions qui tiennent la route ! Et comme prévu, les morceaux décidément bien sages sur l’album explosent en live…

Malgré quelques soucis techniques (la Boule Noire a toujours été l’ennemie des chanteurs), des morceaux comme « You call me dear », « Taste it » ou encore « Hysterical » font parler la poudre et nous rendent drôlement fiers de ces parisiens qui s’amusent à faire la nique aux meilleurs groupes anglais du moment…

« Chocolate soup » dans une version plus pop que jamais recueille toujours autant les faveurs du public, tandis que « Parachute » et son évocation à peine voilée de « Maxwell’s silver hammer » fait ressembler pendant un instant l’espace confiné de la salle à la cave du Cavern Club de Liverpool, sans oublier les hits en puissance « Don’t help me » (dont l’intro rappelle décidément le « Lobotomie » des Béruriers Noirs) et « My Dear » qui achèvent un public surchauffé avant le rappel, dans une ambiance qui ne l’est pas moins…

Le cadeau ultime de cette soirée destinée à célébrer la sortie du premier véritable album de Pamela Hute (« Turtle tales from overseas ») prendra la forme d’une reprise des Troggs, « I can’t control myself », qui démontre une fois de plus l’excellence des goûts musicaux du groupe et qui renverra chacun chez soi avec le refrain obsédant dans la tête ! Pari réussi en attendant, après une semaine de promo tous azimuts, Pamela Hute joue désormais dans la cour des grands.


Crédit photo : José Verdugo - www.damnpix.com
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