Opeth – Le Bataclan (Paris) – 5/11/2014

Par Scred | le 10/11/2014 | Les autres articles sur le Métal

Enthousiasmés que nous étions par la (trop) courte performance d’Opeth en clôture du Hellfest dernière édition, c’est la bave aux lèvres que nous pénétrons dans le Bataclan de Paris avec aux tripes le fol espoir de voir le groupe de Mikaël Akerfeldt confirmer la tendance amorcée par le concert sus nommé, à savoir le retour du Death Metal qui forgea leur légende dans leur setlist.
Cela peut paraître un peu tarte à la crème, surtout de la part de votre serviteur qui encensa (avec raison je pense) les deux derniers albums du groupe d’où ont disparu toute trace de métal extrême, mais il est un fait certain : lorsqu’on aime un groupe, on l’aime dans la totalité de son spectre musical et le fait qu’Opeth ait abandonné ce style sur la tournée « Heritage » en avait déçu beaucoup.

Mais avant de rentrer dans le vif du sujet, il faut dire un mot du groupe qui ouvre les hostilités, des petits français (Cocorico !) choisis par Opeth pour les accompagner tout au long de leur tournée européenne, j’ai nommé Alcest.

Entre douces plages de réverb’ évoquant presque The Cure et envolées brutales hésitants entre le Black et le Death, le groupe du sieur Neige a fait beaucoup mieux que chauffer la salle, il a captivé son attention. On se félicitera donc du bon goût des suédois et d’Alcest eux mêmes qui eurent l’excellente idée d’abandonner leurs racines gangrénées par une certaine « peste noire » pour se tourner vers une musique beaucoup plus intéressante, pour le bien de tous ! Affaire à suivre.

Ceci dit, c’est Opeth que l’on attend ce soir, comme en témoigne le rugissement de plaisir qui accompagne l’enchaînement « Eternal Rains Will Come »/ « Cusps Of Eternity », deux titres extraits du dernier opus « Pale Communion ». Le son est impressionnant de densité et l’on se dit que, clairement, ces titres qui sonnent admirablement bien sur album prennent une dimension infiniment plus métal sur scène.

Première surprise, toujours sans un mot pour le public, le groupe ouvre le chapitre « Blackwater Park » en nous balançant un petit « Bleak » des familles dans les dents ! Ô joie ! Ils l’ont fait ! Une onde de gratitude traverse la foule alors que le growl sombre de Mikaël Akerfeldt fait trembler les murs du Bataclan… L’homme à tout faire d’Opeth a visiblement entendu le message de ses fans et prend un immense plaisir à les satisfaire.

Mais ce n’est que le début. Toujours amateur de remarques facétieuses, Akerfeldt nous gratifie enfin de quelques mots plein d’humour pour nous annoncer une plongée vertigineuse dans le back catalogue du groupe, le sublime « The Moor » suivi de « Advent », deux morceaux qui ouvraient leurs albums respectifs en leur temps.

C’est d’ailleurs selon ce schéma qu’Opeth semble avoir choisi sa setlist puisque suivront « Windowpane », « The Devil’s Orchard » ou encore le mythique « April Etheral », tous des titres d’ouverture, portes d’entrées minutieusement choisies par le groupe à l’époque en raison de leur impact immédiat, un impact qui ne se dément pas même après deux décennies. Le son est impérial, les mecs s’éclatent, CQFD.

Opeth va clôturer son set par les deux premiers singles extraits des albums « Watershed » et « Ghost Reveries », à savoir « The Lotus Eater » et « The Grand Conjuration », achevant par là même de donner à ce concert des allures de « best of » et histoire d’enfoncer le clou, le classique « Deliverance » avec son riff ultime en forme de marteau piqueur à la limite de la transe en guise de rappel. Et paf, dans les gencives, sans capote, les deux doigts dans la prise.

Opeth, outre la superbe performance technique dont ils sont coutumiers, ont délivré ce soir quelque chose de plus qu’un simple concert à leurs fans, ils les ont réconciliés et d’une certaine manière, remerciés de leur fidélité en leur offrant exactement ce dont ils avaient envie, brisant par là même cette image de tour d’ivoire qui colle un peu à la peau de Mikaël Akerfeldt. Grâce leur en soit rendue.



Photos
© P.Cremin - www.blackstage-photography.com
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