Opeth au Bataclan - 16/11/11

Par Scred | le 17/11/2011 | Les autres articles sur le Métal

C’est avec une impatience bien réelle que j’attendais de revoir Opeth sur scène défendre leur nouvel album, « Heritage », aboutissement tout à fait logique d’une carrière commencée dans le Death Metal le plus sombre qui a su évoluer vers un rock progressif élégant. Le virage avait été nettement amorcé avec l’album « Deliverance » (2002), accentué sur le superbe « Damnation » (2003) jusqu’au chef d’œuvre « Watershed » (2008) qui parvenait à une synthèse parfaite des deux styles.
Opeth au Bataclan - 16/11/11 Avec « Heritage », Opeth prenait un risque énorme, celui de se voir abandonné par une grande partie de son public, amateur de vocalises gutturales et de riffs sanguinolents mais ce risque, Mikael Akerfeldt était tout à fait prêt à le prendre pour le bien de sa musique, convaincu qu’il était par le bien fondé de sa démarche… Et au regard du public qui se serre dans un Bataclan qui affiche complet, il semblerait bien que ce pari soit gagné !

Après une première partie de courte durée assurée par Pain Of Salvation, Opeth entame son set par deux titres tirés de leur dernier album, le single « The Devil’s Orchard » suivi de l’hypnotique « I Feel the Dark », histoire de donner le ton de la soirée, mystique et envoûtant. Très anglais dans son côté pince sans rire, Mikael Akerfeldt plaisante avec le public entre chaque titre, carbonise de honte son bassiste Martin Mendez en dévoilant son goût immodéré pour le crème brûlée et répond du tac au tac à chaque interpellation de la foule.

Opeth enchaîne alors deux titres historiques du groupe, le délicat « Face Of Melinda » et « Porcelain Heart », gardant toujours le fil conducteur d’un rock progressif débarrassé de tout gimmick Death, avant de nous offrir « Nepenthe », certainement l’une des plus belles réussites de « Heritage ». La chaleur de la salle, l’intensité des morceaux, tout concours à nous faire dodeliner de la tête, perdus que nous sommes dans un bien-être confortable, d’autant plus que c’est le moment que choisit le groupe pour se lancer dans une session acoustique de trois titres, l’inédit « The Throat Of Winter », « Credence » et « Closure »…

Sentant l’assoupissement général proche, Opeth se décide à hausser le ton avec « Slither », le titre le plus énergique du petit dernier, avant d’asséner à un public enfin réveillé l’héroïque « A Fair Judgement » et enfin « Hex Omega », l’intense final de l’album « Watershed ». Après la traditionnelle pause syndicale, le groupe revient pour un bref rappel (« Folklore ») précédé d’une présentation hilarante des musiciens, nouveau prétexte pour Mikael Akerfeldt pour balancer des vannes à l’encontre de ses compatriotes d’Europe et Yngwie Malmsteen qu’il ne semble pas porter dans son cœur…

La soirée se termine donc sur une note joyeuse, paradoxe ultime d’un groupe aux textes sinistres mais à l’attitude chaleureuse avec ses fans qui n’ont pas manifesté le moindre regret devant la décision parfaitement assumée d’Opeth de tourner le dos (provisoirement peut être) au Death Metal lugubre de ses débuts… Le côté « c’était mieux avant », connaît pas ! En tous cas, ceux qui regrettent la nouvelle direction musicale des suédois n’ont pas dû faire le déplacement, ce qui convient tout à fait à Mikael Akerfeldt qui se fiche éperdument de ce que peuvent penser les autres.

Opeth n’a jamais été aussi libre dans son art, et cela leur va bien. Et à nous aussi.







Photo: José Verdugo
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