OK Sweetheart - "Home"

Par Scred | le 28/10/2011 | Les autres articles sur le Rock Indépendant

Comme à la maison
Il n’y a rien de plus difficile que de faire simple lorsque l’on peut se compliquer les choses… Combien de groupes bardés d’excellentes compositions vont aller s’empoisonner la vie avec une production trop présente, des effets dans tous les sens, toutes ces choses destinées à rendre leur musique plus attractive ? Alors qu’enfin, une bonne chanson est une bonne chanson, avec ou sans écho dans la voix… C’est exactement la leçon qu’applique à la lettre OK Sweetheart sur son premier album, « Home », qui comme son nom l’indique aurait pu être enregistré à la maison.
OK Sweetheart - "Home" OK Sweetheart nous arrive d’Oklahoma, une région peu connue pour son héritage musical et c’est un grand tort, car le combo emmené par la jeune chanteuse Erin Austin trimballe dans ses bagages une jolie collection de diamants bruts, à l’image de la production épurée de cet album, douze chansons légères et élégantes affichant trois minutes de moyenne au compteur, la durée idéale pour faire passer son message sans risquer de tirer à la ligne.

On pense immédiatement à la pop gracieuse d’une certaine Regina Spektor en découvrant des titres comme « Can’t Stop this », « Forever and Always » ou encore « Boat », un piano rythmant la voix délicate d’Erin Austin sur des mélodies respirant l’évidence, nous parlant du sujet le mieux partagé de toute l’histoire de la musique, l’amour, la séparation, la solitude, sans jamais tomber dans le pathos grâce à une musique souvent à contre courant des textes, douce mais foncièrement optimiste.

Quelques singles imparables figurent également au programme, comme « You Let Me Down » avec sa basse chaleureuse et son refrain made in Liverpool (la chanson a d’ailleurs été récompensée par le prix John Lennon de la meilleure chanson il y a quelques années, premier fait d’armes d’un groupe alors en gestation), « Home » avec son délicieux côté sixties ou encore le très émouvant « All we have » aux paroles pleines d’espoir.

Et puis il y a « Safe », une ballade terriblement Lennonienne, qui pourrait en l’occurrence être dédiée au chanteur disparu puisqu’elle nous parle de l’absence d’une manière aussi abstraite que touchante, au point que l’on peut projeter à peu près qui l’on veut sur cette musique à la croisée des chemins entre « Jealous Guy » et « Something ». Très grande réussite en tout état de cause.

Voilà pourquoi nous aimons tous les premiers albums… OK Sweetheart nous offre avec « Home » un magnifique voyage dans un univers neuf et plein de fraicheur qui augure du meilleur pour la suite, si le groupe garde ce cap d’une pop élégante débarrassée des fioritures et conserve cet amour des mélodies qui le caractérise aujourd’hui. Sinon, ma foi, cet album à lui seul aura au moins le mérite d’exister.
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