Noir Désir - Retour gagnant

Par Scred | le 15/09/2009 | Les autres articles sur le Rock Indépendant

C'est pas un hasard... Pas moyen.
Hier soir, je pestais devant ma pauvre télévision qui n'y était pour rien en écoutant Ségolène Royal nous parler de ses "envies" tout en évitant de répondre aux questions qui lui étaient posées, alors qu'une demi-heure avant ses collègues socialistes s'étaient livrés au même genre d'exercice chez Denisot.
Noir Désir - Retour gagnant La langue n'était plus de bois, elle n'était même plus de plomb, c'était de la fonte bien lourde, distillée avec le sourire hypocrite de circonstance qui fait qu'à la prochaine élection, on sera pas nombreux à avoir envie d'aller voter...

Et puis ce matin, au réveil, un nouveau Noir Désir. C'est pas un hasard... Pas n'importe quoi en plus ! "Gagnants Perdants" ça s'appelle, en référence au fameux "slogan" de la présidentielle, comme un coup de projecteur sur le fait qu'il ne s'agissait que d'un slogan justement, une phrase vide de sens, une accroche publicitaire pour vendre un produit.

Noir Désir a écrit de grands textes dans sa carrière, de la poésie écorchée et surréaliste aux pamphlets incendiaires mais là, on touche au génie! C'est intense et sincère, ça prends au tripes et surtout ça arrive au bon moment...

Comme un rappel à l'ordre sans donner de leçon de morale, Noir Désir sort de son hibernation forcée avec la rage de dire, libérant du même coup tous ce talent gâché par le destin qui a bien failli les détruire... Bertrand Cantat a payé sa dette et au lieu de se suicider artistiquement, il nous fait savoir avec ses mots que l'histoire n'est pas finie, qu'on peut y croire encore et ce à plein de niveaux. Cette chanson, c'est une façon de nous dire que la fatalité n'existe pas, que rien n'est fini sauf si on le décide.

C'est aussi un sacré coup de pied dans la fourmilière, une magnifique démonstration de lucidité face à une classe politique qui a l'impression qu'elle peut nous prendre pour des imbéciles et nous bercer par de vaines paroles... Deux heures que j'ai passé à écouter "la gauche" parler d'elle même sans rien dire hier, presque deux ans que j'écoute la droite faire de même sans que rien ne s'arrange pour personne dans notre pays, ces gens là ne nous veulent pas que du bien croyez moi.

Et c'est là que les poètes sont irremplaçables... Avec leurs mots, tous les artifices tombent. Avec leurs mots, le route s'éclaire et fait apparaître ce qui n'est qu'un discours tel qu'il est en réalité, une manipulation.

Alors voilà, bienvenue à la maison les gars, vous nous avez grave manqué. Regardez ce qu'on est devenus sans vous! Mais ça va changer... Cette chanson, c'est la première pierre à l'édifice, grâce à ce genre de petites choses on va reprendre le contrôle de nos cerveaux et, va savoir, peut être bien de nos vies.

Vivement l'album!
    Dîtes nous si vous avez aimé cet article.