Nada Surf - "The Stars are Indifferent to Astronomy"

Par Scred | le 16/01/2012 | Les autres articles sur le Rock Indépendant | Soyez le 1er à réagir sur cet article
Des Oiseaux et des Étoiles
Il existe des groupes qui font leur petit bonhomme de chemin sans rien demander à personne, obstinément absents des couvertures des magazines alors même qu’ils alignent les albums de qualité depuis des années. Nada Surf appartient à cette catégorie, imperméables aux modes depuis leur carton initial ( le très justement nommé « Popular » en 1996), les plus francophiles des newyorkais reviennent avec un septième opus au titre aussi raffiné qu’évocateur, « The Stars are Indifferent to Astronomy ».
Nada Surf - "The Stars are Indifferent to Astronomy" On peut d’ailleurs s’arrêter sur ce choix, un titre d’album n’étant jamais le fruit du hasard… Ces étoiles indifférentes à l’astronomie pourraient bien désigner le groupe en lui-même, détaché du show business, parfaitement indifférent aux contraintes du milieu dans lequel il évolue, se concentrant sur son propre plaisir, sa musique et par extension le plaisir qu’il procure à son public fidèle depuis le premier jour et qui a bien raison de l’être car « The Stars are Indifferent to Astronomy » a toutes les qualités pour le ravir.

A l’image de groupes comme Weezer, Nada Surf pratique ce que l’on qualifie vulgairement de rock indépendant, un rock harmonieux affranchi des contraintes du blues et de la pop, concentré sur des mélodies efficaces qui donnent immédiatement l’envie de fredonner les refrains tant ceux-ci semblent évidents, presque familiers, comme ce « Clear Eye Clouded Mind » qui ouvre l’album avec une énergie communicative.

La voix de Matthew Caws évoque de plus en plus celle de l’un de ses héros, l’immense Roger McGuinn (The Byrds) sur des titres comme l’imparable « Waiting for Something » ou encore « Jules and Jim » qui, pour le coup, doit tout aux californiens à plumes. C’est délicat, sucré juste comme il faut, et cela donne naissance à de véritables moments de grâce sur la magnifique ballade « When I Was Young », une promenade nostalgique qui fleure bon le classique immédiat.

La production est à la hauteur des compositions, avec des guitares acoustiques cristallines (« Let The Fight Do The Fighting »), et des électriques qui réussissent le pari de sonner à la fois vintage et actuelles (« No snow on the Mountain »), le tout au service de chansons terriblement addictives comme ce « Looking Through » que l’on a immédiatement envie de se remettre sur la platine une fois ses quatre minutes achevées.

Car c’est aussi l’une des grandes qualités de cet album, une construction classique, à l’ancienne, dix morceaux affichant 3’30 au compteur, sans titre bonus inutile pour faire bien devant les copains, sans tentative ratée de composer sa petite symphonie, juste une poignée de chansons réussies qui donnent envie de remettre le couvert… Et c’est tant mieux parce que c’est tout ce qu’on leur demande !
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