Mumford and Sons - "Sigh No More"

Par Scred | le 22/03/2011 | Les autres articles sur le Folk

Soupir de plaisir
J’aime bien mon pote Sam… C’est un mec discret, le Sam. Qualité rare, mais qui lui va admirablement bien et qui colle à son job mieux qu’aucune autre car Sam est ingénieur du son, le gars derrière la console dont la présence doit se faire oublier pour que la magie opère en studio mais sans qui il n’y aurait aucune magie parce que les musiciens et la technique, hein ? On s’est compris.
Mumford and Sons - "Sigh No More" Sam a bossé à Londres pendant un long moment, exil volontaire et profitable en perfide Albion dont il a retiré une expérience inestimable, une sainte horreur de la colocation et quelques souvenirs de sessions que je l’écoute évoquer sans le presser de questions parce que, comme je l’ai dit plus haut, c’est un mec discret.

Entre les pointures qui se promènent en studio comme si c’était leur résidence secondaire et les petits jeunes qui profitent des trous du planning pour se glisser derrière la vitre et enregistrer à la va-vite un ou deux titres, Sam a croisé du monde pendant son séjour britannique. Il me parle d’un dîner avec Brian Johnson (AC/DC) venu enregistrer je ne sais plus quel livre audio (vous ne l’attendiez pas celle là, mmh ?), d’un groupe de post rock qui a pris l’habitude de nommer ses chansons par des numéros, et me montre quelques albums sur lesquels il a travaillé…

Et là, je bloque sur une pochette. Le groupe s’appelle Mumford and Sons, et pose négligemment dans la vitrine d’une boutique à l’air plus anglais que le prince Charles. Rien d’extraordinaire jusque là, certes, sauf que les mecs arborent des instruments peu usuels, une mandoline, une contrebasse, un accordéon… « Super cools ces mecs » m’explique Sam, ce qui pour lui correspond à un discours long et argumenté ainsi qu’à un brevet de qualité !

Et comme il a raison… « Sigh No More » fait partie de ces disques qui vous bloquent le cerveau dès la première écoute ! Le titre d’ouverture, qui donne son nom à l’album, commence par vous prendre par les sentiments en remuant des souvenirs estampillés Crosby, Stills, Nash and Young. Une guitare toute simple, des voix harmonieuses dont celle de Marcus Mumford qui sort du lot avec ses accents à la Neil Young, et puis soudain, une accélération, une montée en puissance, une mandoline qui caracole comme si on lui avait lâchée la bride et on se retrouve avec un ovni folk rock.

« The Cave » joue sur le même tableau, avec son hésitation permanente entre ballade traditionnelle et explosion héroïque, avec toujours cette mandoline qui accompagne la charge et une mélodie imparable qui finit le boulot… Des mélodies, il n’y a d’ailleurs que cela sur cet album, des joyeuses qui sentent le pub (« Winter Winds », « Little Lion Man »), des tristes qui sentent la pluie et le vent qui souffle sur les Highlands (« I gave you all », « Thistle and Weeds »), des furieuses qui donnent envie de danser sur les tables (« Roll away your stone ») et des rêveuses qui vous transportent loin de la grisaille et des nuages radioactifs (« Awake your soul », « After the Storm »).

Rien à jeter, pour résumer. Mumford and Sons réussi à merveille le pari d’unir tradition et modernité dans un écrin qui sent bon le bois des instruments de musique et la bière à peine éventée d’un pub confortable et accueillant. Maintenant, il ne reste plus qu’à trouver un label qui veuille bien distribuer cette merveille par chez nous car on ne trouve « Sigh No More » qu’en import pour le moment… En tous cas, bien vu Sam, vraiment cools ces mecs !
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