Murderdolls - "Women and Children last"

Par Scred | le 06/09/2010 | Les autres articles sur le Hard Rock

Glam de rasoir
Il en faut pour tous les goûts, même (surtout ?) le mauvais. Si certains font du rock n’ roll pour exprimer une certaine rébellion, faire passer un message ou tenter de changer le monde, ce n’est absolument pas le cas des Murderdolls dont le seul but dans la vie semble être de choquer le bourgeois en déversant des litres d’hémoglobine synthétique sur leur rock défouloir dans la plus pure tradition des Alice Cooper et autres Kiss.
Murderdolls - "Women and Children last" Joey Jordison et Wednesday 13 n’en sont d’ailleurs pas à leur coup d’essai. Le sinistre batteur de Slipknot (qui n’hésite pas à donner la main à ses compères de Korn ou de Metallica quand le besoin s’en fait sentir) est un habitué des mises en scènes macabres tandis que Wednesday 13 (qui tire son nom de la petite fille de la famille Addams) a bâti sa carrière sur cette image morbide avec le groupe qui portait son nom.

La rencontre des deux monstres énervés se devait donc d’être sanglante et avait donné naissance en 2003 au premier album des Murderdolls, « Beyond the valley of the Murderdolls », une réjouissante orgie rock n’ gore truffée de références aux idoles du groupe, de Russ Meyer aux Twisted Sisters.

Sept ans plus tard, profitant d’une baisse d’activité de Slipknot, Joey Jordison abandonne donc une nouvelle fois ses fûts pour empoigner une guitare et rejoindre son complice livide afin de ressusciter les Murderdolls. Le résultat, c’est ce « Women and children last » qui pourrait être la bande originale du prochain slasher movie de Wes Craven !

Musicalement, le mot d’ordre est assez simple, on se lâche ! Plusieurs styles se télescopent, du punk rock à tendance glam (« Pieces of you », « Summertime suicide », « Nowhere ») au métal pur et dur (« Homicide drive », « Chapel of blood ») cher à Marilyn Manson en passant par un rock californien estampillé Mötley Crüe (Mick Mars apparait d’ailleurs en invité de luxe sur « Drug me to hell » et « Blood stained valentine »).

Quelques morceaux ressortent mieux du jeu de massacre, comme ce « Nothing’s gonna be alright » aux paroles hilarantes de noirceur ou encore l’excellent « Whatever you got, I’m against it » qui symbolise en quelque sorte la quintessence de la révolte adolescente, bête et méchante. Et on adore !

Un mot sur la production que l’on doit à un Zeuss (Agnostic Front, Hatebreed) descendu de son Olympe avec des intentions belliqueuses parfaitement traduites sur l’album. Spécialiste du hardcore, il a offert aux Murderdolls un son tout simplement énorme et dégoulinant de puissance, à la mesure des thèmes abordés sur « Women and children last » ! On navigue dans l’outrance et la provocation gratuite, le mauvais goût sanglant et les blagues de sales gosses et figurez-vous que ça fait un bien fou !

Les Murderdolls assureront la première partie des Guns n’ Roses pendant leur tournée européenne, et seront le 13 (gasp !) septembre prochain à Bercy. Gageons qu’ils auront à cœur de voler la vedette à l’ami Axl Rose, un autre prince du mauvais goût vestimentaire.
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