Motörhead au Zénith - 21/11/11 + "The World is Ours Vol.1"

Par Scred | le 22/11/2011 | Les autres articles sur le Hard Rock

Age of Spades
Motörhead en concert, c’est une tradition, un rituel immuable qui revient tous les deux ans environ, parfois moins grâce à la magie des festivals et ça se passe toujours de la même manière. On retrouve les potes, on boit des bières (avec modération s’entend), on se paye un T-shirt orné du légendaire logo pour garder un souvenir, on rejoint la faune locale composée de mecs hirsutes entre 16 et 66 ans et de nanas tatouées à des endroits pas racontables et on passe une heure et demi en compagnie de l’ami Lemmy avant de retourner boire des bières pour se raconter à quel point le gars ne vieillit pas, en répétant ses phrases deux fois parce qu’on a perdu trois ou quatre points d’audition dans l’intervalle.
Motörhead au Zénith - 21/11/11 + "The World is Ours Vol.1" Voilà, d’ordinaire c’est comme ça que ça se passe. Sauf que cette fois-ci, force est de constater que le moteur a eu quelques ratés et s’est révélé un peu poussif… Le temps aurait-il finalement rattrapé Lemmy, ce symbole vivant du rock n’ roll, ce défi à la médecine, cet espoir promis à tous ceux qui refusent de manger cinq fruits et légumes par jour ? Il semblerait bien. En 2009, Motörhead nous avait soufflé dans cette même salle du Zénith avec un concert dévastateur, en 2010 ils avaient mis à genoux le public du Hellfest et là, et bien ma foi, on était loin du compte.

Était-ce à cause d’une balance mal faite que le groupe a multiplié les pains sur les deux titres mythiques qui ouvraient la setlist de ce soir (« Bomber », « Damage Case ») ? Peut-être, car visiblement, Lemmy n’était pas content du son de sa basse et l’a fait savoir. Mais cela n’explique pas pour autant le sentiment de lassitude dégagé par Phil Campbell qui assure ses parties de guitare sans grand enthousiasme. Les titres s’enchaînent et le malaise s’installe de plus en plus, Lemmy peine à chanter et massacre allègrement « Stay Clean », s’essouffle rapidement sur « The One to Sing the Blues » ou « Going to Brazil » et donne parfois l’impression d’avoir envie d’être ailleurs.

Malgré tout, Motörhead reste Motörhead et quelques titres sauvent un peu la soirée, « Over the Top », une version lugubre d’ « Orgasmatron » et le génial « Whorehouse Blues » mais dans l’ensemble, on a du mal à reconnaître le groupe le plus bruyant du monde. Qu’importe, ce n’était sans doute pas leur soirée après tout, ça peut arriver à tout le monde… Il nous reste à nous consoler avec « The World is Ours », le nouveau double album live augmenté d’un DVD qui est sorti le jour même par un heureux hasard du calendrier !

Sauf que, encore une fois, rebelote. Ayant usé jusqu’à la corde tout les albums live de Motörhead depuis l’infernal « No Sleep ‘til Hammersmith » jusqu’au furieux « 25 and Alive Boneshaker » en passant par « Everything Louder than Everyone Else », je ne peux que constater l’évidence… Ce n’est plus ça. Même si l’énergie est toujours au rendez-vous, la voix de Lemmy montre de plus en plus de signes de faiblesse et se rapproche parfois de la caricature. « Killed By Death » n’est plus que l’ombre d’elle même malgré la présence de la divine Doro qui relève un peu la sauce pendant que Michael Monroe (Hanoi Rocks) détruit consciencieusement « Born To Raise Hell ».

Et que dire de « We are Motörhead », machine de guerre traditionnelle qui pédale dans le houblon ? Bien triste tout cela. D’autant plus qu’en immense professionnel qu’il est, Lemmy n’a pas pu ne pas se rendre compte de la piètre qualité de l’album. Ou peut-être qu’il s’en fiche après tout. Il fait son truc comme il l’a toujours fait et rendra son dernier soupir sur scène entre deux chansons, c’est maintenant une certitude.

N’importe qui à sa place aurait rendu les armes et l’âme il y a vingt ans au moins, terrassé par un tel rythme de vie. Pas Lemmy qui s’accrochera jusqu’au bout parce qu’il n’a pas le choix, qu’il ne sait faire que cela. Et c’est bien pour cela qu’il est ce qu’il est, la statue du commandeur du rock n’ roll, et on sait comment finit l’histoire… Le plus tard possible.
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