Motörhead - "Bad Magic"

Par Scred | le 03/09/2015 | Les autres articles sur le Hard Rock

Jusqu'au boutiste
J’avais commencé par écrire une chronique tout à fait différente, le genre de papier bien léché sur le pourquoi du comment ce nouveau Motörhead te collait une claque sans te laisser le temps de ramasser ton autre joue avide d’être tendue, tu mords l’esprit ? Un truc ficelé tout bien où je t’expliquai l’importance de ce groupe, l’importance de Lemmy tout court, cinq petite lettres qui font pâlir les quatre du mot « rock » tant tellement le nom du bonhomme pourrait à lui seul résumer (et même remplacer) le genre… Et puis non.
Motörhead - "Bad Magic" D’abord à cause de cette tournée avortée, du triste spectacle d’un Lemmy diminué, malade, finalement au bout du rouleau après presque sept décennies d’excès en tous genres (oui, je suis sûr qu’il biberonnait son Jack Dan dans le berceau !), tournée qui semble avoir touché le fond la semaine passée à Austin (Texas) où notre hurleur préféré a tout simplement déclaré forfait au bout de trois chansons…

Ensuite parce que j’ai lu ce matin chez un excellent collègue (Radio Metal) un article intitulé fort justement « Le Choix de Lemmy », article où le journaliste se demandait pourquoi souhaiter à l’increvable bassiste de prendre sa retraite tant qu’il est encore temps… Mourir sur scène comme Molière ou, je cite, « se finir au Jack Daniel’s dans son appartement de Los Angeles en pensant « à la vie d’avant » ? Et ça m’a donné à réfléchir.

J’ai la faiblesse de croire qu’il y a une alternative entre les deux propositions citées plus haut, et ce grâce à ce « Bad Magic » (ahhh tu vois ? On y arrive !) Il n’y a rien de honteux à arrêter la scène pour raisons de santé après avoir tant donné au cours des quarante années que Motörhead a passé sur la route, et que nous célébrons à l’occasion de la sortie de ce nouvel album. Il y a une vie après les planches, ne serait-ce que parce que chaque chanson de « Bad Magic » mérite un coup de chapeau.

Du coup, si Lemmy veut se sédentariser, pourquoi pas ? Un studio, une poignée de nouveaux albums, du temps avec son fils, battre son record au jeu vidéo du Rainbow, lutiner une groupie par-ci par-là, poser ses valises enfin avant que celles qu’il a sous les yeux ne lui soient fatales … Bien sûr qu’il aime cette vie, mais de là à en mourir, faut pas charrier.

Parce que pardon, « Bad Magic » est loin d’être anecdotique dans la discographie du groupe. Il y a comme un écho du furieux et fauché « Bastards » (1993) dans ces treize titres, tiens, comme dans « Bastards » justement, qui se terminait par une reprise des Rolling Stones également, un même sentiment de désespoir et de colère (à l’époque Motörhead avait été déclaré ringard par la profession et fût obligé de ramer pour produire et même promotionner son disque, on en rigole aujourd’hui), jusqu’à la pochette qui semble avoir été calquée sur le même modèle.

Sans parler des paroles, « Victory Or Death » renvoie au furieux « Death Or Glory » d’il y a vingt ans, le « Devils » de l’époque introduit « The Devil » aujourd’hui et que dire du génial « Fire Storm Hotel » qui semble mêler le groove d’un « Born To Raise Hell » avec la thématique de « Burner » ? Les flammes, l’enfer, la mort, certes, ces concepts sont familiers à Lemmy et loin de se répéter ou de tourner en rond, le groupe réactualise le propos et nous défouraille avec bonheur chaque riff comme si leur vie en dépendait… Ce qui est d’ailleurs certainement le cas.

Du coup, je suis bien emmerdé… Ne plus jamais voir Lemmy sur scène ou profiter d’un monde où quelque part, le mec se promène encore, prêt à décocher une ou plusieurs salves de cet acabit ? Je choisis la seconde option.

PS : Je vous joins le lien vers l’article cité plus haut, chacun a le droit de se faire son opinion et personnellement, je trouve le papier sacrément bien troussé ! Salut camarade !

http://www.radiometal.com/article/le-choix-de-lemmy,191916
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