Motocultor Festival 2015 - Jour 1

Par GnoK | le 25/09/2015 | Les autres articles sur le Métal

Freaky friday

Vu les aventures rocambolesques de la veille, je m'extirpais d'une nuit sans repos, et cerise sur le gratteux, avec une météo pluvieuse. Mon hôte me rassurait en vantant les mérites du microclimat local. C'est avec regret que je n’ai pas pu assister à l'ouverture du festival. Évidemment ça ne devait pas être la ruée comme pour les soldes, mais c’est une question de principe. J'ai ainsi complètement loupé Belenos, ça commençait bien pour mes reports. Belenos justement, dieu du soleil et de la guérison des maladies. Vu la suite des événements nuageux et les noms de groupes aux douces sonorités fécales et putrides, il n'aurait pas été de trop.



Désormais je n’aimerais pas le Pays Basque que pour sa gastronomie, il faudra aussi compter avec Killers. C'est le premier groupe de la journée à me faire une (très bonne) impression, et pour cause avec un nom et un son aux influences Iron Maidenesques (vivent les néologismes) le vieux briscard que je suis ne peut être que ravi. Du bon vieux Heavy old school joué simplement, sincèrement. Le son brut et sans fioritures est généreux, il donne le ton de l’ambiance générale. Le public enthousiaste se régale.



Rencardé par un improbable dreadeux sur les rares apparitions en territoire gaulois de ces Black Metaleux flamand d'Ancient Rites, je décide de m'y intéresser. J'ai bien été inspiré, ces vétérans en ont encore sous le capot. Les instruments se font proprement bourriner, le chanteur chauffe le public en français, assurant une bonne ambiance et me faisant passer un bon moment.



Une petite escapade trash avec All Out War. On est loin de la ballade bucolique, c'est même le contraire. Ca laboure bruyamment les oreilles pendant que des acharnés se lancent dans une session Headbang & Shoulders, des tondeuses humaines en manque de séances de kiné et ostéo.



Et encore du bon stoner français avec Mars Red Sky. Ça joue calmement, mais mon expérience est un peu gâchée par le son foireux, à moins que je ne me situe un poil trop près des enceintes bourdonnantes.



Bon sang, faut pas être cardiaque pour se manger les Français d'Heart Attack. En plein aprèm et en début de festival, les spectateurs s'agitent sauvagement sur le rythme frénétique comme si c'était le dernier concert du weekend. Le public est littéralement de l'argile entre les mains des artistes. Modelant ici un Wall of Death, là un Circle Pit.



Ah les Sticky Boys, mes petits garçons collants, suintants et gluants. Du bon hard rock remuant Mud in France. Le groupe est chaud bouillant et transmet bien son énergie et son appétit au public qui répond positivement. Comment rester de marbre devant des « Les Bretons sont pas plus cons » ou « Pas de Circle Pit, faites-moi une belle chenille bretonne ». Et le public s'exécute, un beau tortillard se forme au milieu de la fosse. Alex Kourelis le chanteur demande à une jolie rouquine de montrer ses nibards, aucun problème, la voilà topless. Cette vue est si magnifique que je tombe immédiatement sous le charme. Si tu me lis, sache que tu as un fan. Bref, du bon son, un rappel, des boobs: grosse ambiance !



C'est cocasse pour le groupe islandais Solstafir de s'accoutrer en mode Far West avec des vestes à franges et du banjo. Mais le hard et le heavy ont aussi des influences folk. La musique est propre, ça ressemble à du Sigur Ros avec des stéroïdes.



Attendu par un parterre de fans enthousiaste, Aborted entame son set avec une superbe lumière rasante. C’est à se demander si ce parterre de fans enthousiastes commence ou finit la journée furieusement. Le groupe de trash/hardcore offre une très bonne prestation, du bon son rythmé, de sympathiques solos inspirés, une bonne interaction avec le public, qui le lui rend bien. Enfin rendre, certains pris dans le tumulte des nombreux circle pits ont dû rendre leurs crêpes du jour. La fosse déborde de slammers comme une gouttière un soir de tempête. Et pour le final bourrin un wall of death, un quatrième circle pit et l’ovation s’il vous plaît.



Le bon stoner 70's d'Ad Sir Cloudesley Shovell mes tympans vidange. Je suis aux anges. Vous avez sûrement dû vous en rendre compte, j'ai un faible pour le old school. Parfois ne rien dire (de mal) signifie juste que j'ai passé un bon moment.



On me fait entendre que Finntroll c'est mieux en live. Déjà ça ne démarre pas sous les meilleurs auspices. Mais n'écoutant que mon royal professionnalisme et ma curiosité maladive je me laisse tenter. Bon c'est franchement bien fait, mais un peu mou de la croche à mon goût, qui apparemment n'est pas le même sentiment qu'une partie très active du pit. Après quelques recherches, il s'avère que leur contenu est intéressant, une belle histoire de prêtres scandinaves se faisant violenter. Au Nord, rien de nouveau.



On change carrément d’ambiance avec Pentagram. Il est reposant de poser ses valises après une première journée de cavalcade. Le rythme est posé, lent et sûr, à l’ancienne. Les vétérans n’ont plus rien à prouver. Et vu le chemin parcouru par Liebling, on peut décemment espérer qu’il y nous accompagne encore longtemps. Il semble tout droit sorti d’un clip vidéo des années 80, tel le parangon des hard rockeurs: exubérant, déjanté, provocateur. Un mélange improbable entre le Doc Emmet Brown (de retour du futur), d’un satyre sous Viagra et de Frank Zappa allumé (charmant pléonasme). En un mot il est « possédé ». Je fais une surprenante découverte.

Pendant une pause, des vagues de bruit de la pas si lointaine scène viennent s engouffrer dans mes tympans. Pentagram ou Sick of it All ? Quel choix corn-hell-ien. Je ne résiste généralement pas à de si doux patronymes et je fonce les voir. Les quelques titres que j’ai pu écouter avant la fin du set m’ont fait un effet bien déroutant : des groupes vaguement familiers t’évoquent des sensations, de bons souvenirs, comme une Madeleine de Proust. C’est rassurant, réconfortant. J’écrase une larme de nostalgie sous mon talon rageur.



Le public s’agglutine devant la scène, comme des lucioles attirées par la lumière du pagan metal. Mais il ne faut pas prendre Eluveitie pour des lanternes (instant humour), dans mon imaginaire le païen a toujours eu un caractère un peu bestial. Loin des clichés, le casting est léché, les musiciennes jolies, le son propre. Justement tout est un peu clean à mon goût. Ça ressemble à du métal sans en être, de l’allégé, sans texture. Si je puis me permettre de la Biniou Wave par moment. Jouer du celtique sur ce festival, c'est un peu de la facilité, comme filer de la méthadone à des héroïnomanes. C'est bien fait, mais je m’ennuie autant qu’une de mes potes sur du reggae. La musique « ethnique » ça passe ou ça casse pas des menhirs.

Madball. Merci de purifier mes oreilles. Du bon hardcore qui râpe sur les bords. Mais au bout d'un moment j'estime en avoir assez bouffé pour la journée, je risque une indigestion.



Photos :
© P.Cremin - Blackstage Photography
© WBP - Wild Bear Photography
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