Mort de Malcolm Mac Laren

Par Scred | le 12/04/2010 | Les autres articles sur le Rock

God save the King
C'est avec une infinie tristesse que nous venons d'apprendre la mort de Malcolm Mac Laren, l'homme par qui le Punk est arrivé...
Mort de Malcolm Mac Laren On dirait pas comme ça en le voyant tout sourire avec sa tête de comptable (et pour cause) et pourtant...

Manager historique des New York Dolls, il est le premier à avoir compris que des cendres des hippies allait naître un mouvement musical et culturel fondé sur la crasse, le mauvais goût et la destruction. Fini le rock aux morceaux interminables truffés de solos à rallonge joués par des groupes habillés comme s'ils allaient en pèlerinage au Taj Mahal, les Dolls sont moches, jouent vite des chansons directes et tellement simples qu'un débutant pourrait les reprendre en dix minutes : le Punk est né !

Après un tel coup de maître, Malcolm Mac Laren rentre dans son Angleterre natale pour y ouvrir une boutique de vêtements avec sa compagne, une certaine Vivienne Westwood... Baptisée "SEX", la boutique de King's Road propose à ses clients des T-Shirts déchirés, des épingles à nourrice en guise de piercing et lance la mode vestimentaire Punk qui va très vite devenir l'un des symboles de Londres, au même titre que Big Ben ou le Tower Bridge.

C'est également chez "SEX" que vont naître les Sex Pistols qui ne sont à la base que des habitués de la boutique. C'est ce que Mac Laren appellera plus tard la "Grande Escroquerie du Rock n' Roll", prendre quatre inconnus dénués de talent et en faire l'un des groupes de rock les plus influents de tous les temps. Avec des slogans comme "No Future" et des titres comme "Anarchy in the UK" et "God Save the Queen", les Sex Pistols sont le fer de lance d'une révolte adolescente pensée comme une campagne marketing par Malcolm Mac Laren qui impose son cynisme comme une arme commerciale de destruction massive.

Et ça marche!

Les mômes boivent les paroles des Sex Pistols comme un nouvel évangile alors que le fond de l'affaire n'est qu'une vulgaire entreprise de publicité...

Par la suite, Malcolm Mac Laren va continuer son parcours musical en composant pour d'autres artistes ainsi qu'en enregistrant pour lui même une série d'albums anecdotiques, orientés vers la World Music, la variété ou encore le Hip-Hop (Buffalo Gals avec KRS-1 et Rakim en 1998), sans rééditer le coup d'éclat des Sex Pistols.

Il s'est éteint le 8 avril dernier d'un cancer qui le rongeait depuis plusieurs années... Ses derniers mots furent "Libérez Léonard Peltier", l'activiste amérindien emprisonné aux Etats-Unis depuis 1976, une dernière provocation de la part d'un maître en la matière.
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