Monster Truck - "Furiosity"

Par Scred | le 25/02/2014 | Les autres articles sur le Hard Rock

Bientôt Cult(e)
On ne le répètera jamais assez, les années 80 nous manquent… Pas pour les fringues, encore moins pour les piles des walkmans qui faisaient sonner nos cassettes d’Iron Maiden comme un vieux groupe de Doom sous Xanax lorsqu’elles étaient au bout du roulot, non. Les eighties nous manquent parce que cette glorieuse décennie a vu naître quelques uns des meilleurs faiseurs de riffs qui soient, alliés à des voix qui n’avaient pas peur de se mouiller la glotte… Denrée qui se fait de plus en plus rare.
Monster Truck - "Furiosity" Et puis de temps en temps, surprise, on se prend à rêver au détour d’un album sorti de nulle part, anachronique, comme ces bagnoles aux roues démesurées qui faisaient le bonheur des rednecks en écrasant avec gourmandise des épaves au milieu des stades durant la période susnommée, comment ça s’appelait déjà ? Des « monster trucks » ! Ah bah tiens, ça tombe bien.

Monster Truck nous arrive du Canada, et affiche les mêmes ambitions que les véhicules du même nom, nous faire revivre un passé pas si éloigné en se foutant pas mal de sonner comme un mélange de The Cult et Deep Purple tout en roulant allègrement sur les cadavres des petits copains au moyens de riffs sentant bon la gomme cramée, aussi épais que les pneus de leurs homonymes !

Douze titres au programme, du boogie suintant l’essence avec l’étincelle qui va bien pour foutre le feu à vos enceintes, voilà ce que propose « Furiosity », un album sorti il y a près d’un an au pays du sirop d’érable et qui débarque aujourd’hui sous nos latitudes. Le mot d’ordre est simple, on enclenche la pédale d’accélération et on laisse le moteur vrombir sans ralentir (« Old Train », « The Lion », « Psychics »), sans oublier d’ouvrir la fenêtre côté conducteur de temps en temps histoire de respirer le bon air de la campagne (l’excellent « Sweet Mountain River ») tout en ayant le bon goût de ne pas griller les feux rouges en temporisant de temps en temps avec des blues bien gras qui évitent soigneusement le catalogage « ballade » (« For The Sun », « My Love Is True »).

Et puis bien sûr, on a droit à quelques fulgurances, comme cet « Undercover Love » aux paroles intelligemment perverses, servies par le timbre en liberté du sieur Jon Harvey, bassiste de son état qui livre ici une performance à faire pâlir d’envie Ian Astbury en personne, ou encore le très vintage et bien nommé « Boogie » qui résume la philosophie du groupe en deux minutes trente chrono, pas besoin de plus, simple et diablement efficace.

Au final, on se retrouve avec un album cohérent de bout en bout, hautement addictif qui réclame d’être remis sur la platine immédiatement après la première écoute, qualité rare vous en conviendrez. Et qui appelle la scène car s’il est une promesse que « Furiosity » tient à merveille, c’est celle de sonner aussi bien sinon mieux en live. Les mecs tournent déjà avec Alterbridge et Alice In Chains par ailleurs, les chiens font pas des chats…
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