Michael Jackson - "Michael"

Par Scred | le 11/12/2010 | Les autres articles sur le Pop

Not too bad
Michael Jackson n’est plus. Certes, ce n’est pas un scoop, mais c’est la clef pour comprendre cet album sobrement intitulé « Michael », premier recueil des inédits du King of Pop à voir le jour (on peut d’ailleurs se demander comment vont s’appeler les suivants, « Michael 2 » ? « Jackson » ?) . Toujours est-il que si l’homme était encore vivant, on écouterait certainement ces dix chansons d’une manière très différente, voire même pas du tout puisqu’il aurait probablement opposé son véto sur la plupart des titres en question.
Michael Jackson - "Michael" Mais voilà, Michael Jackson est mort et son héritage a vocation à être exploité afin de contenter ses fans tant que le cadavre est encore tiède, rien de bien scandaleux là-dedans, cela a toujours été et sera toujours la règle dans ce genre de circonstances (cf. Freddie Mercury, Elvis Presley, John Lennon, ou Jimi Hendrix). Le moins que l’on puisse faire est d’écouter avec objectivité cette musique posthume ne serais-ce que pour rendre hommage de manière digne et sincère à la mémoire de l’une des plus grandes stars de l’histoire de la musique.

Le premier single extrait de « Michael » est également le morceau qui ouvre l’album, un duo avec Akon intitulé « Hold my hand ». Hercule Poirot se demande toujours à qui profite le crime, il semblerait que l’on ait là une partie de la réponse… Il faisait quoi Akon un certain soir d’août 2009 ? Bref, passons. La chanson n’est pas mauvaise, loin de là, juste un peu parasitée par le vocoder utilisé par Akon, d’ailleurs quelle voix a-t-il en vrai ? Mystère. Par contre, Michael Jackson est bien reconnaissable lui, ce qui met un terme à la polémique entourant l’album (ce n’est pas lui qui chante, et puis de toutes façons il n’est pas vraiment mort, tout ça). Sa voix légère et chargée d’émotion sauve une chanson qui aurait été au mieux banale, au pire inintéressante.

La même réflexion s’applique d’ailleurs à peu près à toutes les chansons du disque, de l’émouvant « Keep your head up » (produit par Tricky, tiens, qu’est-ce qu’il fait là lui ?) à l’énergique « Monster » qui évoque « Jam » avec son rythme syncopé caractéristique des productions MJ depuis l’album « Dangerous », en passant par « Hollywood Tonight » et son riff funky proche de celui de « Thriller » qui nous renvoie au début des années 80.

Très bien tout ça, pas génial mais bien. Le genre de titres que l’on écoute sur un album et que l’on passe au bout d’une ou deux fois pour se concentrer sur les hits qui figuraient invariablement sur chacun des albums de Michael Jackson. Or sur « Michael », on ne trouve malheureusement pas de hit en puissance… Peut-être, en grattant bien, quelques morceaux de bravoure qui sortent du lot par leur originalité tel ce « Breaking News » étonnamment égocentré faisant penser au « Leave me alone », le titre bonus de « Bad » où le chanteur crachait sa colère envers ses persécuteurs médiatiques, ou « (I can’t make it) another day » en duo avec Lenny Kravitz qui rappelle fortement « Give in to me » dans sa construction.

Les deux titres qui concluent l’album restent les meilleures surprises du lot, « Behind the mask » tiré des sessions « Off the Wall » où la voix juvénile de Michael évoque son idole Stevie Wonder et « Much too soon », une ballade romantique coincée entre « She’s out of my life » et « Heal the World » qui nous renvoie aux meilleurs moments de la carrière du King of Pop, avec en toile de fond cette vérité toujours difficile à avaler, this is it, il est parti. C’est donc avec émotion que l’on referme ce « Michael », un album qui aurait pu être bien pire que ce qu’il n’est grâce au talent du cher disparu mais qui n’a d’album que le nom, tout au mieux une compilation de souvenirs hétéroclites. De bons souvenirs malgré tout, c’est déjà ça.
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