Methods of Mayhem - "A public disservice announcement"

Par Scred | le 16/09/2010 | Les autres articles sur le Métal

Faceboot
Tommy Lee est toujours un sale gosse. La preuve ? Il sait se servir d’internet ! Délaissant ses collègues de Mötley Crüe toujours scotchés à leur glam métal des années 80, le batteur fantasque qui avait déjà permis au monde entier d’assister à ses ébats avec qui vous savez a décidé de pousser le concept encore plus loin… Vous avez aimé vous glisser dans mon lit ? Vous allez adorer venir avec moi en studio.
Methods of Mayhem - "A public disservice announcement" L’idée était à la fois simple et géniale, faire un album avec le monde entier ! Il suffisait d’y penser… Pour ce faire, Tommy Lee a publié les démos de chacun des morceaux du futur « Public Disservice Announcement » sur un site ouvert à tous afin que les internautes puissent les télécharger et renvoyer leurs contributions, une partie vocale par-ci, un riff de guitare par-là, pour finir par donner vie à un monstre assez cohérent, plus proche du Terminator que de Frankenstein.

Pourtant, le moins que l’on puisse dire c’est qu’il y a à boire et à manger sur cet album ! On démarre avec un titre qui sent bon la blague de potache, le délirant « Drunk Uncle Pete », mêlant fusion et rock californien sur un riff qui évoque immédiatement le « All Stars » de Smash Mouth. Production impeccable, joie communicative, on se remet le morceau plusieurs fois de suite juste pour le plaisir de chanter le refrain à pleins poumons !

Arrive ensuite le premier single extrait de l’album, « Time Bomb », qui se rapproche plus du genre de rock pratiqué par les Foo Fighters, entraînant et direct avec ce petit rayon de soleil californien dans les yeux. Tommy Lee impressionne par ses qualités de chanteur, le gars a dû travailler et cela se ressent sur des titres comme les ballades « Louder » et « Blame » très réussies toutes les deux, chacune dans leur style.

Mais Tommy Lee reste un énervé notoire et il s’est amusé à glisser entre ces deux sucres d’orge le titre le plus violent de l’album, fort justement intitulé « Fight Song », qui sera très vite repris pour le générique d’une émission d’Ultimate Fighting, je n’en doute pas une seconde ! On notera au passage l’excellente prestation d’un rappeur latino anonyme au milieu du déluge de décibels, histoire de rappeler à l’auditeur qu’il écoute un album collectif, chose que la production millimétrée à tendance à faire oublier.

La fin de l’album glisse progressivement du rock à l’électro sans que l’on s’en rende compte, un titre comme « Take me off the ledge » assurant la transition en douceur avec son riff agressif posé sur une rythmique synthétique mais dès les premières notes de « All I wanna do », il faut se rendre à l’évidence, on est plus proche des Scissor Sisters que du Crüe ! Le disque se termine d’ailleurs sur un ovni notoire, « Party Instructions », sorte de checklist technoïde de la débauche naviguant entre Peaches et Daft Punk

« A Public Disservice Announcement » est donc une très belle réussite pour ses auteurs, Tommy et sa bande d’une part, et la soixantaine de contributeurs d’autre part qui ont prouvé que ce genre de méthode (of Mayhem) pouvait fonctionner. A qui le tour ?
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