Metallica - "Live at Grimey's"

Par Scred | le 30/11/2010 | Les autres articles sur le Métal

La cave se rebiffe
Encore un live de Metallica ? Et oui, encore un, il est bien loin le temps du « Live Shit » où les fans ébahis découvraient la puissance de feu de Metallica en concert avec un son correct pour la première fois de leur vie… En inventant le concept du live à la carte ou comment ramener le concert auquel on vient d’assister à la maison, Metallica a fait le bonheur de son public tout en banalisant un peu le truc.
Metallica - "Live at Grimey's" Et puis il y a eu l’avalanche de DVD’s qui a inondé le marché ces dernières années, tous excellents (« Cunning Stunts », Nîmes, Mexico, le Big 4) mais pas suffisamment différents les uns des autres pour être véritablement excitants à la longue… Du coup, on peut légitimement se demander quel est l’intérêt de s’arrêter sur le « Live at Grimey’s » qui parait aujourd’hui, en format audio uniquement.

Replaçons le show dans son contexte… Nous sommes en 2008 et Metallica est enfermé depuis plusieurs semaines en studio pour accoucher du génial « Death Magnetic ». Les mecs savent qu’ils tiennent quelque chose d’énorme et ont envie de partager leur moral retrouvé avec leurs fans. L’opportunité se présentera avec le Record Store Day, cette journée dédiée au soutien des disquaires indépendants par des artistes majeurs qui leur offrent la possibilité de commercialiser des enregistrements inédits en exclusivité, histoire de contrer la concurrence des grandes surfaces.

Ce jour-là, Metallica donne un concert exceptionnel au Rasputin Music de Mountain View et prend un pied pas possible ! Enthousiasmés par l’expérience, ils remettent ça deux mois plus tard au Grimey’s, un disquaire de Nashville dont ils investissent la cave devant un public restreint de 170 âmes, enregistrant l’évènement dans l’idée de sortir le disque qui nous intéresse aujourd’hui, un disque uniquement disponible dans le réseau des indépendants et sur le site officiel du groupe.

Pour avoir vécu un concert de ce genre à la Boule Noire il y a quelques années de cela (concert dûment enregistré et dont quelques extraits ont atterri sur le maxi de « The Unnamed Feeling »), je peux témoigner de l’ambiance unique qui règne dans la salle pendant ce genre de prestation. Metallica se donne autant sinon plus que devant un stade de 80 000 personnes et privilégie une setlist composée de classiques et de morceaux préhistoriques de leur répertoire, histoire de combler les quelques chanceux présents et de rendre l’évènement mémorable.

James Hetfield commence le concert par un petit clin d’œil qui prendra tout son sens quelques mois plus tard en annonçant que les nouvelles compositions qu’ils sont en train d’enregistrer ressemblent beaucoup à leurs vieux titres, avant d’embrayer sur un « No Remorse » pied au plancher qui fait exploser la salle. Le son est monumental, le groupe joue à 2000 à l’heure et la communication avec le public est totale. Après un détour par un « Fuel » déchaîné, Metallica remonte lentement le temps avec une version tonitruante de « Harvester of Sorrow » avant de ralentir momentanément le tempo sur « Welcome Home (Sanitarium) » pour mieux repartir au front sur « For whom the bells tolls » et « Master of Puppets ».

Avec « Sad but true », Metallica opère un virage lourd vers les années 90 avant d’asséner un « Motorbreath » furieux et de conclure son set sur le traditionnel « Seek and Destroy » repris en chœur par un public dont on peut distinguer les voix ivres de bonheur, un détail peut-être mais qui a son importance… Vous le voyez maintenant, l’intérêt de ce « Live at Grimey’s » ? Avec cet album, on retrouve Metallica comme on l’aime. Déchaînés, heureux de jouer et de partager avec un public dont ils peuvent distinguer les visages, et donc forcément meilleurs dans leur prestation, ce qui s’entend immédiatement. S’il n’y a qu’un seul live de Metallica à s’offrir cette année, ce sera celui-là.
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