Megadeth - "Th1rt3en"

Par Scred | le 26/10/2011 | Les autres articles sur le Métal

Treize énervés
A l’heure où Metallica explore de nouvelles directions musicales et semble planer à des kilomètres au dessus de la mêlée métalleuse, Megadeth refuse obstinément de se laisser mourir. Après une série d’albums décevants à quelques exceptions près (« Endgame », le dernier en date, en faisant partie), le groupe de Dave Mustaine, rejoint depuis peu par son bassiste historique David Ellefson, se lance dans son énième concept album, « Th1rt3en », en référence au fait que, ben c’est le treizième album de Megadeth quoi…
Megadeth - "Th1rt3en" Et comme cette fois le thème est un peu vague, Megadeth s’est certainement senti plus libre de ses mouvements et nous offre (enfin) un album varié et bien plus excitant que la plupart des disques précédents qui avaient contribué à enterrer le groupe dans une semi indifférence, les réduisant à n’être plus qu’un groupe de concerts, rejouant leurs titres cultes pour un public qui ne voulait surtout pas perdre de temps avec les morceaux récents.

Maintenant, soyons honnêtes, « Th1rt3en » n’est pas à proprement dit un nouvel album… Lorsque Dave Mustaine s’est assigné la tâche de composer treize nouvelles chansons histoire de coller un minimum à son sujet, il a dû faire appel à quelques petites choses qui traînaient dans ses tiroirs depuis quelques années afin d’arriver au compte exact. En effet, « Black Swan », « Millenium of the Blind », « New World Order » ou encore « Deadly Nightshade » avaient déjà fait l’objet d’une publication (sur l’édition spéciale de l’album « Youthanasia » notamment) ou dataient d’une période antérieure.

Mais qu’importe, ce qui compte c’est d’arriver à treize pas vrai ? D’autant plus que ces titres sont loin d’être les plus intéressants de l’album, lorsqu’on les compare à l’excellent premier single « Public Enemy N°1 », à « Whose life (is it anyway ?) », véritable petite bombe métallique où Megadeth retrouve le juste équilibre entre mélodie et technique, « We the People » qui nous replonge dans les belles années, quelque part entre « Peace Sells » et « Rust in Peace », ou « Guns, Drugs & Money » qui n’est pas sans évoquer l’une des grandes idoles de Mustaine, un certain Alice Cooper

Et puis des titres comme « Never Dead » font également plaisir, une bonne poussée d’adrénaline avec un riff qui déferle comme un tsunami sur une double grosse caisse qui se faisait de plus en plus rare, ça réveille, tout comme « Wrecker » qui renoue avec cette impression d’inexorabilité et de froideur qui a toujours caractérisé la musique de Megadeth, le fameux rouleau compresseur, d’où certainement le titre du morceau. Ou alors j’extrapole.

Certes, le Megadeth de 2011 n’est plus la machine de guerre de « Countdown to Extinction », Marty Friedman ne sera jamais remplacé et notre sale gosse de Mustaine n’est plus un gosse du tout… Il ne faut donc pas voir en « Th1rt3en » une renaissance, pas plus qu’un testament, juste un album un peu au dessus de la moyenne avec quelques titres que le public appréciera sur scène en transition avec « Hangar 18 » ou « Symphony of Destruction ». Et c’est déjà pas mal.
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