Mass Hysteria - "Live"

Par Scred | le 03/06/2011 | Les autres articles sur le Métal

L'éducation des Mass
J’ai un rapport très particulier avec Mass Hysteria… Alors que j’étais perdu pour le métal, en plein trip reggae free parties (vous vous souvenez peut-être de cette période trouble qui a inauguré les années 2000…), un groupe m’a ramené à coups de boutoirs dans le giron des musiques bruyantes, les p’tits gars de koRn. Ni une, ni deux, je me précipite à Bercy pour aller les voir, tournée « Issues », et voilà que la plus grosse claque de la soirée ne m’a pas été infligée par les bourrins de Bakersfield mais par un groupe de première partie au nom familier mais que je ne connaissais absolument pas… Mass Hysteria.
Mass Hysteria - "Live" En live, Mass Hysteria avait tout. Un son énorme, mêlant un phrasé hip-hop, des guitares à la frontière du Death , un rythme hypnotique emprunté à l’électro et une présence de scène digne des plus grands. Impossible de rester insensible, dès les premiers morceaux, on ne pouvait que s’incliner devant le rouleau compresseur qui arrivait à faire sonner des paroles en français sur des riffs monstrueux, le tout avec des guitares au niveau des genoux et un plaisir d’être là qui contrastait assez nettement ce soir là avec le groupe qui tenait la tête d’affiche et qui semblait être à l’usine.

L’album « Contraddiction » (quel titre génial !) venait de sortir et un vent nouveau soufflait sur le rock tricolore. On était fiers de nos régionaux de l’étape quoi, un sentiment rare qui rappelait le rapport de complicité qui unissait le public avec des groupes comme Bérurier Noir ou les Mano Negra… Mass Hysteria rentrait dans cette case là, une version mise à jour des groupes de rock alternatifs qui avaient trouvé le juste compromis entre l’intransigeance musicale et la capacité à transformer n’importe quel auditeur involontaire en fan.

« Mass Hysteria Live » raconte tout ça. Seize titres piochés sur les six albums du groupe, faisant la part belle aux favoris du public, les imparables « Furia », « Donnez vous la peine », « Knowledge is power », « Contraddiction » ou encore « Respect to the Dancefloor », tout en survolant les meilleurs moments de leur production plus récente, les énormes « Babylone » et « Une somme de détails » sans oublier le dernier album en date de Mass Hysteria, « Failles », probablement leur meilleur album depuis dix ans (« World on fire », « L’archipel des pensées », « Get High »).

Voilà pour l’album, bien sympa à se mettre dans l’iPod, mais c’est pas tout, et de loin car il y a le DVD ! En effet, le son de Mass Hysteria sans l’image, c’est comme le Nutella sans les noisettes, il manque un truc ! Et là, les mecs ont vu les choses en grand… Le concert d’abord, cela paraît évident. Chaque titre gagne en intensité, ce qui rend le visionnage d’autant plus difficile qu’on n’arrête pas de sauter partout devant sa télé, pas pratique pour profiter du spectacle mais tellement bon qu’on ne peut s’en empêcher !

Heureusement que le corps humain a ses limites, ce qui m’a permis de profiter de l’excellente version de « Respect to the Dancefloor » écroulé sur le canapé, en sueur, avec son intro « Hell’s Bells », la scène envahie par une cohorte de métalleuses bien décidées à foutre le bordel et un Mouss au top qui emmène son public très haut en sautant de « That’s the way (I like it) » à « Be bop a lula » entre deux slams… Respect to the MC.

Et c’est pas fini ! En plus que quelques titres bonus, souvenirs de divers festivals (dont l’infernal « Dernier Tango » toujours aussi efficace), on pourra découvrir un documentaire édifiant sur l’histoire du groupe, qui transpire de toutes les qualités qui caractérisent Mass Hysteria, franchise, générosité, humour et complicité. Tout y passe, les débuts fracassants, l’entrée dans la cour des grands, les errances, les albums ratés et assumés comme tels et la résurrection qui nous amènent au groupe que l’on peut voir sur scène aujourd’hui. L’éducation des Mass en somme…

Pour tous ceux qui ont lâché l’affaire en cours de route, « Mass Hysteria Live » est la bonne raison de reprendre le train en marche, comme lorsqu’on retombe sur le numéro de téléphone d’un vieux pote et qu’on se dit, tiens, il me manque ce con. Et de fait, les Mass m’avaient manqué… C’est gentil d’avoir pensé à me le rappeler les gars !
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