Manowar - "Battle Hymns MMXI"

Par Scred | le 22/12/2010 | Les autres articles sur le Métal

Immortels
Il est des albums cultes dans le petit monde du heavy metal, des disques fondateurs qui, mêmes s’ils n’ont pas reçu le succès de certains de leurs successeurs, restent gravés dans la mémoire des fans comme le « Killers » d’Iron Maiden, le « Stained Glass » de Judas Priest ou encore ce « Battle Hymns » de Manowar, premier album du groupe proclamé « le plus bruyant du monde » par le livre Guinness des records en personne ! Paru en 1981, « Battle Hymns » débarque à nouveau trente ans plus tard dans une version… réenregistrée ? Tiens donc.
Manowar - "Battle Hymns MMXI" Avec les progrès de la technique, on voit fleurir de plus en plus d’éditions remasterisées de grands albums n’ayant pas bénéficiés d’un transfert irréprochable lors du passage du vinyle au CD, entreprise louable pour certains, légèrement mercantile pour d’autres, mais rares sont les disques entièrement réenregistrés par leurs auteurs. Et on les comprend d’ailleurs ! Bien souvent, le temps n’a pas été tendre avec certaines voix, j’en veux pour preuve la compilation des « Klassics » de Kiss qui, si elle fait sourire, ne vaut pas un bon best of des années 90…

Manowar nous propose cependant un tout autre dilemme… En effet, la voix d’Eric Adams (aucun rapport, il est fils unique) n’a quasiment pas bougé depuis 1981 comme il en apporte la preuve dès le démarrage de « Death Tone » après le mythique vrombissement de moteur qui donne le coup d’envoi de l’album. Les guitares sont énormes, le riff toujours aussi efficace et on se retrouve partagé entre l’envie d’aimer ce son bien mieux produit que l’original et la nostalgie de celui que l’on connait par cœur, comme si l’on nous demandait de choisir entre une femme que l’on aime depuis toujours et sa fille de 20 ans qui lui ressemble comme deux gouttes d’eau, mais en plus jeune…

Même problème avec « Metal Daze », « Shell Shock » ou encore « Manowar », des titres qui ont marqué l’histoire du heavy metal avec leurs riffs imparables qui invitent toujours autant à un headbanging forcené et leurs solos mordants repris note pour note… Qu’est-ce que vous voulez, ça sonne ! Tout comme la basse de Joey Demaio sur l’intro de « Dark Avenger », jouée une octave plus basse avec une saturation infernale qui donne un vrai coup de jeune au morceau tout en renforçant son aspect gothique… Tout est plus gras, plus imposant, plus actuel sur ce « Battle Hymns MMXI » et en même temps, on y perd un peu le cachet de l’original.

Le choix de jouer « William’s Tale » en acoustique plutôt qu’en électrique est assez judicieux cependant, on ne regrette pas la froideur de la version initiale… Et puis il y a « Battle Hymns », le morceau titre qui récupère une profondeur indéniable, avec une batterie qui fait vibrer les murs, une basse grondante qui impose sa présence comme jamais et des chœurs un peu moins kitchouilles que sur l’album de 1981.

Je suis bien persuadé que les puristes vont hurler au scandale et à la dénaturation de l’œuvre mais force est de reconnaître que le travail effectué par Manowar sur leur premier album vaut le coup d’oreille et pourrait bien attirer l’attention d’un public plus jeune qui n’était pas là il y a trente ans et qui aurait pu être rebuté par les sonorités très eighties du « Battle Hymns » historique. Les fans de la première heure se consoleront en écoutant les deux lives inédits qui complètent la tracklist, "Fast Taker" et "Death Tone" enregistrés en 1982, avec un son abominable certes, mais quand on aime...
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