Mano Solo - "Live à l'Olympia"

Par Scred | le 15/11/2011 | Les autres articles sur le Rock Indépendant

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Il y a deux ans jour pour jour, Mano Solo offrait à son public le dernier Olympia de sa carrière avant de tirer sa révérence deux mois plus tard, privant la chanson française de l’un de ses derniers vrais poètes encore en activité. Je ne céderai pas à la facilité de comparer les mots de Mano à ceux que vomissent les radios remplies de chansonnettes vantant les petits travers du quotidien et les amours compliquées, pas de nom, ça ne sert à rien. L’absence, le vide abyssal laissé par la mort de Mano Solo est suffisamment éloquent.
Mano Solo - "Live à l'Olympia" Voici donc son testament. Cet album était voulu par l’artiste pour une raison toute simple qui lui ressemble, donner de l’argent à l’association Fazasoma qui vient en aide aux enfants malgaches dans le besoin. Pas de pillage de tombe, pas d’opportunisme morbide, et même pas de fond de tiroir raclé dans l’espoir de sa payer une dernière fois sur la bête, d’abord parce que ce n’est pas le style de la maison et ensuite parce que pour un mec près de calencher, Mano Solo livra ce soir là une prestation impressionnante de qualité.

La voix est claire, forte et juste, comme celle d’un magnifique cygne noir bien décidé à quitter ce monde à la con dans une explosion de grâce, cette grâce qui n’a jamais quitté Mano, présente dans chacune de ses chansons, dans chacun des mots qu’il nous criait comme un perdu, des mots de révolte souvent, de colère parfois, de douleur aussi et d’amour, toujours.

C’est fou de se dire qu’il n’est plus là, ça fausse tout. Comment écouter « Je Reviens » sans avoir la gorge serrée, pas moyen d’être objectif. Heureusement, le choix des titres de cet Olympia évite soigneusement de jouer la carte du bilan, privilégiant les chansons tirées du dernier album studio de Mano Solo, « Rentrer au Port », certainement son plus bel effort depuis « Je Sais Pas Trop ».

Les souvenirs sont quand même au rendez-vous (« Une Image », « Un Soir de Retour », « Novembre ») comme autant d’airs rattachés à notre mémoire, on se rappelle tous ce que nous évoque ces petites histoires, le moment où elles nous ont touché pour la première fois, comme « Allez Viens » bien planqué à la fin du disque, certainement « la plus belle chanson du monde, putain ! ».

On se souvient des filles qu’on a aimé avec Mano (« Chaque Matin »), des personnages qu’il aimait croquer à belles dents et qui prennent une autre saveur, loin des clichés (« Les Petits Carrés Blancs », « Les Chevaux d’Aubervilliers ») et de Paris, Paris qu’il n’a cessé de chanter toute sa vie et qui lui doit probablement les plus beaux poèmes de son histoire (« Paris Avance »).

Bon ben voilà, il est temps de se dire au revoir mon vieil ami… Chronique forcément amère d’un disque forcément rempli d’autre chose que de musique mais c’est ainsi. Il y a deux ans, Mano Solo nous disait à sa façon d’y croire encore, que malgré toutes les horreurs et les injustices, les chansons qui restent parlent avant tout d’amour. Et si c’est lui qui le dit, alors tout est permis…
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