Machine Head - "Unto the Locust"
Insecticide
Les albums de Machine Head se suivent et, ô miracle, ne se ressemblent absolument pas ! Après le sombre et violent « The Blackening » (2007), le groupe californien revient aux sources d’un métal certes toujours aussi agressif, mais infiniment plus mélodique que ce à quoi ils nous avaient habitués jusqu’à aujourd’hui. Et on ne va pas s’en plaindre…
Que les fans se rassurent, Robb Flynn et sa bande brûlent toujours du feu sacré, un feu qui se traduit par des riffs aussi énormes que dévastateurs et des vocaux grondants propres à faire trembler les murs… L’évolution se situe plutôt dans la construction des chansons, l’introduction de nombreuses parties acoustiques et le retour à une certaine idée du thrash metal un peu perdue de vue depuis la fin des années 90 tout en inscrivant leur démarche dans une optique résolument moderne. Je suis clair là ou je vous ai perdu en route ?J’explique… Avec une moyenne de six minutes et demi au compteur pour chaque titre, « Unto the Locust » renoue avec les grandes heures d’un thrash originel, brutal, rapide, tout en se ménageant des plages d’accalmie, des breaks à rallonge, dans la grande tradition des meilleurs albums de Metallica, « Master of Puppets » en tête. L’intro de « This is the end » en est la meilleure illustration, un arpège en mode mineur soutenue par un solo de guitare plaintif comme prélude à une explosion de décibels débouchant sur un riff monstrueux, la modernité de la chose résidant dans le refrain évoquant plus les jeunes artilleurs de Slipknot ou Deftones.
Des titres comme « Who we are » avec sa chorale d’enfants, « Darkness Within » et sa lente montée en puissance (magnifiquement chantée par Rob Flynn qui privilégie l’émotion au hurlement primaire) ou encore « Be still and know » qui s’offre le luxe de lorgner du côté d’un heavy metal qui n’est pas sans rappeler par moment les grandes heures d’Iron Maiden, achèvent de nous convaincre que Machine Head a choisi la bonne voie avec « Unto the Locust ».
Pourquoi rester enfermé dans un style lorsqu’on peut s’amuser, avec talent, à aller taquiner les autres ? Et même, pourquoi pas, composer sa propre symphonie ? C’est ce que le groupe nous propose sur « I am Hell (Sonata in C#) », un morceau de bravoure de presque neuf minutes en trois mouvements, s’ouvrant sur des chants grégoriens (« Sangre Sani »), avant de plonger au cœur de l’enfer sur une rythmique lourde et implacable (« I am Hell ») pour finir par s’offrir une rédemption finale (« Ashes to the sky ») aussi puissante qu’élégante.
Il ne fait aucun doute qu’ « Unto the Locust » est une réussite totale, un album qui fera date dans la discographie de Machine Head de par la qualité des chansons qui le composent et la créativité qui a présidé à l’évolution musicale du groupe. Puissance, virtuosité (énorme performance de Phil Demmel avec des solos millimétrés et inspirés), mélodies imparables et énergie contagieuse, Machine Head version 2011 dispose de tous les atouts pour être enfin reconnu à sa juste valeur dans son propre pays, parce que chez nous, cela fait longtemps qu’on a compris…
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