Lucie Lux - "Rock 'n' seX"

Par Scred | le 14/11/2011 | Les autres articles sur le Rock

Coitus Interruptus
Les éditions Tana enrichissent leur collection de petits fascicules consacrés à la pop/rock culture avec un nouvel opus au titre alléchant, « Rock ‘n’ seX » avec un X majuscule comme il se doit, rédigé par la mystérieuse et certainement délicieuse Lucie Lux, chroniqueuse bien connue des amateurs de coquineries en ligne (le blog « Gorges Profondes », c’est elle) et illustré avec talent par Miss Candy Dion.
Lucie Lux - "Rock 'n' seX" Au menu des réjouissances (en un seul mot), une série de réflexions sur les rapports hautement incestueux entre le rock n’ roll et le sexe, des rapports qui commencent par le nom même de notre musique fétiche dérivée d’une expression employée par les esclaves noirs américains pour désigner l’acte sexuel sans éveiller la curiosité de leurs bourreaux. Dès le premier paragraphe, on apprend des trucs, ça commence bien !

Miss Lux nous prévient cependant dans la préface de l’ouvrage, nous sommes en présence d’une « compilation complètement subjective et, surtout, non exhaustive », un avertissement presque superflu tant les goûts en matière de rock n’ roll de l’auteur transpirent dans son choix de sujets ! Depuis Elvis jusqu’aux Cramps en passant par Iggy pop, Lemmy ou encore The Velvet Underground, nous sommes invités à plonger avec volupté dans le milieu du rock gominé amateur de pantalons en vinyle à tendance psychobilly ne dédaignant pas les accointances punk ! En un mot, entrez dans la (déca)danse…

Les icônes attendues sont fidèles au rendez-vous, Betty Page, Tura Satana (l’égérie de Russ Meyer dont on apprend qu’elle fût la professeur de déhanché du King en personne), Wendy O. Williams, beaucoup de femmes au final, une volonté parfaitement assumée de replacer le beau sexe au cœur du jeu de dupes mis en place par les mâles faussement dominants dans le petit monde du rock. La plus belle réussite de ces dames a été de faire croire aux hommes qu’ils étaient des sex symbols alors que les véritables objets, en l’eau cul rance, n’étaient autres qu’eux mêmes…

Une stratégie illustrée à la perfection par les travaux de Cynthia Plaster Caster, groupie de son état dont la spécialité peu banale était de réaliser des moulages de pénis en érection appartenant aux plus grands musiciens de son époque. On apprend avec intérêt que le modèle Jimi Hendrix était surnommé par l’intéressée « le pénis de Milo » pour sa perfection sculpturale… Édifiant ! Et en parlant de groupies, l’article qui leur est consacré, notamment à la figure de proue du mouvement, l’immortelle Pamela Des Barres, est réellement passionnant, puisqu’il rappelle le rôle primordiale joué par ces demoiselles dans le processus créatif des musiciens. Ni potiches, ni « Starfuckers », les groupies étaient des muses, des « Band-Aids », on ne le dira jamais assez.

Voilà donc une lecture saine pour les froides soirées d’hiver comme pour les après-midi torrides, même si je me dois d’y apporter une minuscule réserve, concernant le champ d’expertise à mon sens trop restrictif de Lucie Lux. En effet, parler de sexe et de rock n’ roll est plus que légitime, l’un n’allant pas sans l’autre, mais faire l’impasse sur tant d’aspects du sujet me semble vraiment dommage… Quid des délires des sixties ? De John Lennon et Yoko Ono prônant le « Bed In » ? Des adonis ultra sexués du heavy métal ? Des frasques du Maître Gogol Premier qui mettait à la disposition de son public des matelas pendant ses concerts pour que l’orgie soit complète ?

Coitus interruptus donc, un peu. Mais ce n’est pas grave, voilà un bon prétexte pour faire rebolote ! Vivement le volume deux…
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