Little Caesar - "Brutally Honest"

Par Scred | le 06/05/2016 | Les autres articles sur le Hard Rock

Nomades
Si ma mémoire est bonne, il me semble bien qu’un p’tit gars chevelu a dit il y a fort longtemps un truc du genre « heureux les ignorants, un jour ce sera la fête », ou quelque chose d’approchant, mon catéchisme est un peu rouillé… Et bien ce jour est arrivé les enfants ! En tous cas pour tous ceux qui n’ont jamais jeté une oreille sur la musique de Little Caesar, je ne sais pas si je dois vous envier ou vous plaindre les mecs !
Little Caesar - "Brutally Honest" Mais ne brûlons pas les étapes, petit rappel des faits. Little Caesar est un pur produit du Los Angeles des grandes années, quand le rock n’ roll a décidé de tourner le dos aux permanentes et au maquillage pour revenir aux fondamentaux, une transition initiée par un petit groupe d’amateurs de flingues et de roses qui a fini par mal tourner, certes, mais ceci est une autre histoire…

Ron Young et sa bande étaient censés incarner la suite des évènements, coupables d’un premier album éponyme (« Little Caesar » - 1990) sorti chez Geffen et produit par l’incontournable Bob Rock, album plus que parfait qui non seulement n’a pas pris une ride aujourd’hui mais qui surtout réalisait un joli tour de force, faire la liaison entre un rock pur et dur, des racines blues sublimées et un amour de la soul music complètement assumé.

Des bikers tatoués qui reprennent Aretha Franklin et les Temptations ? Bah oui, et ça sonnait méchamment bien. Et puis bon, manque de notoriété, arrivée du grunge, du hip hop et des cochonneries électroniques, on va dire que le timing n’était pas terrible, bienvenue dans les oubliettes du rock n’ roll pendant un paquet d’années…`

Sauf que voilà, l’ami Ron Young n’est pas du genre à se morfondre dans un bar de Sunset boulevard sur la gloire qu’il aurait pu récolter, il avait une vie avant la musique et il en a une autre après ! Videur de boîte de nuit, acteur, mécanicien, le gars a laissé l’orage passer sans trop s’en faire, en gardant à l’esprit que sa musique valait de l’or mais qu’elle ne valait pas le coup de se gâcher la santé ! Un mec intelligent en somme.

Et puis a l’orée du XXIème siècle, un petit truc appelé internet a commencé à poindre le bout de son nez avec son cortège de réseaux sociaux et l’ami Young a réalisé que les gens, son public, ne l’avaient pas oublié ! Deux albums (chroniqués dans ces pages) plus tard, Little Caesar renaissait de ses cendres sous l’influence des fans avec qui le chanteur partage tout et n’importe quoi en permanence par le biais de sa page Facebook !

Le résultat de tout cela, c’est « Brutally Honest » le bien nommé, un double album live enregistré en Hollande dans quelque clubhouse de motards retraçant plus de trente ans de carrière avec une classe et une sincérité qui laissent pantois ! Passons sur le son général (parfait), la voix du mec (inchangée) et la qualité des chansons, l’important est ailleurs… L’ambiance !

On sent la petite salle, l’odeur de la bière renversée sur le sol, la sueur des mecs sous leur cuir, trois accords et la vérité comme dirait l’autre ! Et puis la setlist, pardon ! Tout y passe depuis le premier album joué quasiment en intégralité (y compris les reprises Motown citées plus haut et augmentées de clins d’œil supplémentaires) jusqu’aux meilleurs moment des petits derniers (« Dirty Water », « American Dream », « Hard Rock Hell ») en passant par les titres rares de l’entre deux qui valent leur pesant de gasoil (« Rum And Coke ») et même un morceau tiré de leur premier EP, autant dire un machin préhistorique ! (« Tastes Godd To Me »).

Au final, deux heures de rock n’ roll sans fioritures, chaud et limpide comme une rasade de Jack Daniel’s sans glaçons ! Ce qui me ramène à ce que disait le jeune mec cité plus haut avant d’aller se faire punaiser sur une croix, heureux ceux qui ne connaissent pas encore Little Caesar… Après avoir écouté ce « Brutally Honest », il y a fort à parier que plein de trucs iront mieux ! On appelle ça une épiphanie je crois.
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