Little Caesar - "American Dream"

Par Scred | le 18/05/2012 | Les autres articles sur le Rock

Hail Caesar !
Laissez-moi vous parler de mon pote Ron Young… Grande baraque tatouée, ancien videur de boîte de nuit, Ron correspond en tous points à l’image que l’on peut se faire du biker américain dans le sens positif du terme. Amateur de grosses cylindrées à deux ou quatre roues, de toutous patibulaires et de rock n’ roll, il est avant tout le chanteur d’un groupe aussi excitant que confidentiel, Little Caesar.
Little Caesar - "American Dream" Coupables d’un album éponyme que tout le monde devrait posséder (« Little Caesar » - 1990), produit à l’époque par l’incontournable Bob Rock, le groupe avait peu à peu sombré dans l’anonymat, perdant ses membres les uns après les autres jusqu’au retour en grâce que fût « Redemption » (2009) le bien nommé, excellent album de rock pur et dur qui voyait Little Caesar remettre le couvert comme si rien n’avait changé depuis vingt ans.

Accro à Facebook, l’ami Ron Young avait alors commencé à partager sa petite vie de rocker américain avec le reste du monde en direct, et notamment avec ses fans qu’il découvrait nombreux à sa plus grande surprise ! C’est par ce biais que nous apprenions il y a peu le retour d’Apache, guitariste historique du groupe, et le début des sessions d’enregistrement du nouvel album du groupe, « American Dream ».

Quelques mois et un joli paquet de statuts plus tard, voici enfin l’objet entre nos mains et autant le dire sans prendre de gants de motard, l’attente en valait la peine ! Onze titres de rock n’ roll basique, trempés de blues saignant, comme seuls savent le faire ces diables d’américains, voilà le programme ! Certes, rien de nouveau sous le soleil du sud des Etats-Unis, on reste en terrain connu, et quand je parle de terrain je fais bien sûr référence à ces routes poussiéreuses qui s’étendent à perte de vue dans un désert aride baigné d’un soleil de plomb…

Mais qui a envie d’originalité à tout prix ? Little Caesar nous offre sa vision du rêve américain, des guitares, des minettes et de la liberté, comme en témoignent les trois premiers titres de l’album, « Holy Roller » qui n’a rien à envie aux meilleurs titres de ZZ Top, « American Dream » avec sa batterie infernale qui évoque une célébration amérindienne et « Hard Rock Hell », ronflant comme un moteur de Harley Davidson.

C’est d’ailleurs tout le spectre du blues rock que Ron Young et sa bande vont s’amuser à explorer sur « American Dream », depuis ses aspects les plus remuants (« Is Your Crazy, Gettin’ Lazy ? » évocateur d’AC/DC première époque ou encore « The Girl’s Rockin’ » qui se la joue rock fifties) jusqu’à des morceaux beaucoup plus lents et lourds, tels « In My Mirror » ou encore « Own Worst Enemy » avec son riff hypnotique, en passant par du blues sans fioritures avec l’excellent « Dirty Water », cajun en diable.

Et puis il y a la traditionnelle ballade, grande spécialité de Ron Young qui excelle en la matière avec sa voix chaude et rocailleuse. Cette fois-ci, elle s’appelle « Only A Memory Away » et comme d’habitude, ça va chialer dans sa bière dans les bars ! Moi, ce qui me donne envie de verser une larme, c’est le fait que, probablement, on ne verra jamais Little Caesar jouer sous nos latitudes et c’est fort dommage.

Pour se consoler, on se remettra donc cet album sur la platine, histoire de respirer un peu de l’air frais qui souffle sur ces quelques titres et de se sentir libre, enfin. Hail Caesar !
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