Lenny Kravitz à Bercy - 29/11/11

Par Scred | le 30/11/2011 | Les autres articles sur le Rock

Cliché Noir et Blanc
Il y avait foule à Bercy pour saluer le retour de Lenny Kravitz dans la capitale, une foule dont normalement je n’aurai pas dû faire partie, n’étant pas un grand fan du musicien New Yorkais. Oui mais voilà, un désistement de dernière minute et mon webmaster chéri tout contrit avec une place sur les bras me demande si dès fois, pourquoi pas, après tout, et puis son dernier album est vachement sympa…
Lenny Kravitz à Bercy - 29/11/11 Et c’est vrai qu’il est sympa ce « Black and White America », avec sa funk seventies mâtinée de soul certifiée Stax, révélant un Lenny plus black que jamais s’éloignant du cliché Lennonien qui a pourtant fait sa gloire, alors ne boudons pas notre plaisir, on est pas à l’abri de passer une bonne soirée !

De fait, on a beau retourner le problème dans tous les sens, Lenny Kravitz sait tenir un public en lui offrant un spectacle de qualité. Dès les premières notes de « Come On Get It », le garçon vous emmène quatre décennies en arrière, dans une Amérique où le « Black is beautiful » était de rigueur, où les gilets en fourrure dissimulaient mal les colliers scintillants sur les poitrines de ces messieurs arborant des coupes afro défiant les lois de la gravité ! Et on y croit. La scène habillée de triangles à multiples fonctions mêle une esthétique rétro assez sobre avec un système de projection très réussi et on en prend plein les mirettes !

Et plein les oreilles également car Lenny Kravitz possède dans sa besace une collection impressionnante de singles qu’il aligne d’entrée de jeu (« Always on the Run », « American Woman », « It ain’t over ‘til it’s over », « Mr Cab Driver ») avant d’embrayer sur le morceau titre de son dernier album, un regard tendre et militant sur sa propre histoire familiale intelligemment illustré sur le fond de scène par une série de clichés représentant Lenny enfant avec ses parents, famille atypique pour l’époque même si très éloignée des trottoirs de Brooklyn (papa était producteur de télévision et maman actrice). Il n’empêche, on ne doute pas un seul instant de la sincérité de Lenny Kravitz lorsqu’il nous chante que tout n’a pas été si facile…

Une poignée de hits mémorables plus tard (« Stand by my woman », « Rock n’ Roll is Dead », « Fly Away ») émaillés de petites nouveautés judicieusement choisies (« Stand », « Rock Star City Lights »), Lenny Kravitz clôt momentanément les débats avec l’imparable « Are You Gonna Go My Way » qui, même si honteusement pompé chez Hendrix, fait toujours son petit effet. La pause est de courte durée cependant puisque l’adonis métis nous revient rapidement pour interpréter deux titres en acoustique (« Push » et une superbe version de « I Belong To You »), épaulés par son éternel guitariste qui en fait toujours des tonnes et un extraordinaire saxophoniste qui aura éclaboussé le concert de son talent toute la soirée.

Lenny aussi en fait des tonnes d’ailleurs, exagérant chaque pose et prenant des attitudes que même les Ramones n’auraient pas osé adopter sur scène ! Mais bon, c’est Lenny, il a toujours été comme ça et à force, on ne peut voir dans tant de persévérance dans l’outrance rock n’ roll qu’une forme de naïveté et de sincérité presque enfantine… Lenny Kravitz n’a jamais cessé de chanter devant sa glace, sauf que depuis plus de vingt ans, il le fait devant des milliers de personnes ! Et pour les remercier de cette indéfectible fidélité, c’est par « Let Love Rule » qu’il achève son concert, une version à rallonge qui verra le chanteur traverser Bercy par le fosse pour aller saluer la foule jusqu’en haut des gradins. Quand on distribue de l’amour, il est vrai que le mieux est de s’en charger soi-même !
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