Le Playbutton

Par Actumusic | le 26/09/2012 | Les autres articles sur le Rock

Playbutton, et la musique retrouve un support
Le 23 octobre 2001, la sortie de l’iPod sonnait le glas du CD et la victoire du MP3. Depuis, l’industrie du disque hurle à l’assassinat et crie (depuis plus de 10 ans) son agonie.

Il est certes facile et doux pour le portefeuille de céder aux sirènes du téléchargement. Mais tous les amoureux de musique ont un jour exprimé leur regret de l’objet musical, du plaisir d’ôter (difficilement) le plastique autour d’un CD, de le placer sur le lecteur et de parcourir le livret alors que le premier morceau retentit.

Pendant que certains pleurent sur leur sort, d’autres innovent. C’est le cas de la société new-yorkaise Playbutton. Son produit (judicieusement baptisé Playbutton) redonne un support à la musique. Ressemblant comme deux gouttes d’eau à un badge à l’effigie de l’artiste - puisque c’en est un – l’objet contient un lecteur MP3. Certes il n’y a toujours pas de livret mais c’est la classe.
D’une simplicité enfantine, le Playbutton se manipule à l’aide de trois boutons principaux comme le montre le schéma figurant dans le diaporama ci-dessous.

Devrons-nous porter un Playbutton par artiste et nous recouvrir de badges ? Que le mélomane se rassure, il pourra vider et remplir les 128 mégas de son insigne à sa guise. Il lui suffira pour cela de brancher le lecteur MP3 à son ordinateur grâce au câble jack-USB fourni avec.

Certaines célébrités ont déjà montré leur intérêt pour cette innovation. Le groupe The xx a sorti une édition limitée de son album éponyme sur Playbutton en avril 2011. Lady Gaga, Gossip, Belle and Sebastian et une vingtaine d’autres artistes ont également testé l’accessoire de mode musical. Justin Bieber a même vendu des Playbutton à son effigie une semaine avant la sortie de son album Believe, en juin dernier.

Mais le dernier gadget fashion n’est pas l’apanage des stars. Quiconque peut faire faire ses Playbutton à condition d’en commander au moins 25, à 14,99$ l’unité. Pour un mariage, c’est quand même plus sympa que les dragées !

Charles Foucault
Le groupe parisien Late Light (dont le chanteur, Antoine Vigne, a fait une brève apparition dans La Nouvelle Star en 2009) a décidé de diffuser son premier E.P. « On » sur ce support. Adrien Montfort, bassiste du groupe, nous explique ce choix :

ActuMusic : Pourquoi avoir choisi de sortir votre premier E.P. sous forme de Playbutton ?

Adrien Montfort: Nous faisons de la musique avant tout pour nous faire plaisir. Nous avons fait fabriquer ces objets à notre effigie dans cette optique avant tout. Plaisir d'être original, de surprendre, d'intriguer. Un côté un peu hipster peut-être. Si cette originalité peut avoir des retombées positives, nous ne cracherons évidemment pas dessus !

ActuMusic : Pensez-vous pouvoir gagner de l’argent en vendant ces badges ?

Adrien Montfort: Clairement non. Certainement pas dans un premier temps en tout cas. Le prix de revient des playbuttons est de l'ordre de 14€ (les frais de ports et les taxes de douanes plombent le prix initial). Cela fait cher, même pour un lecteur MP3, d'autant que nous ne proposons que trois chansons dessus. Nous avons donc décidé de les vendre quasiment à prix coutant (15€). En soustrayant ceux que l'on va donner ou faire gagner, par exemple sur notre page Facebook, nous perdrons certainement de l'argent.

ActuMusic : Combien en avez-vous fait faire ?

Adrien Montfort: Dans un premier temps, pour la première édition, nous n'en avons commandé que 25… pour voir. Si ça marche on en recommandera peut-être mais le but est ailleurs : diffuser notre musique, nous faire connaître. Nous espérons ainsi pouvoir jouer devant un public plus fourni, dans des salles plus prestigieuses.
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