Lars Ulrich (Metallica) regrette « Some kind of Monster », pas Napster

Par Scred | le 22/07/2010 | Les autres articles sur le Métal

Interview dans les règles de Lars
Lars Ulrich adore causer, c’est un fait. Depuis les débuts fracassants de Metallica, il a toujours été le porte-parole du groupe ainsi que son leader naturel, assumant ce rôle pour le meilleur comme pour le pire.
Lars Ulrich (Metallica) regrette « Some kind of Monster », pas Napster Et le pire, en l’occurrence, fût certainement la suite d’évènements qui marqua la carrière de Metallica au début des années 2000, notamment l’affaire Napster (le site pionnier en matière de téléchargement illégal) sur laquelle le batteur revient dans une interview accordée au quotidien australien The Herald Sun.

« Cela n’a jamais été entre Metallica et ses fans, c’était entre Metallica et Napster. Cela fait partie de notre héritage, en bien ou en mal. La meilleure chose à faire est d’essayer de faire comprendre aux gens qu’on a le droit d’en rire aujourd’hui même si cela n’avait rien de drôle il y a dix ans… C’est quelque chose qui me met encore un peu mal à l’aise malgré tout. C’était une vraie prise de tête, la façon dont on s’est retrouvés embarqués là-dedans ! Nous avions sous-estimé la perception du truc par le public. »

Dix ans plus tard, il se trouve que Metallica avait raison d’alerter l’opinion sur les dangers du téléchargement illégal, une chose dont Lars Ulrich a conscience mais sur laquelle il veut rester discret.

« Quand on voit à quel point le modèle traditionnel du marché de la musique s’est effondré, je ne trouve aucune gloire à dire que nous avions raison. Des gens le disent cependant, mais je ne m’en vante pas. Cela touche trop de monde. Nous sommes relativement épargnés, ce qui n’est pas le cas de tous ceux qui ont perdu leur boulot ou qui n’arrivent plus à vivre de leur musique. Des groupes ont des difficultés à avancer parce qu’ils manquent d’argent pour leur matériel ou pour enregistrer. Les maisons de disque signent de moins en moins d’artistes et donnent moins de moyens à leurs groupes. »

Malgré son intérêt pour le téléchargement légal, Ulrich reste attaché au bon vieux CD et nous apprend que ses derniers achats sont Them Crooked Vultures, The Dead Weather, Slash ou encore la réédition de l’« Exile on Main St. » des Rolling Stones.

Il semblerait par contre qu’il ne soit pas très motivé pour faire la promotion du DVD « Some kind of monster », documentaire instructif tout autant que pathétique qui retrace la vie de Metallica pendant l’enregistrement de « St Anger », entre querelles internes, problèmes de créativité, cure de désintoxication de James Hetfield et séances de psychothérapie du groupe.

« A chaque fois que je croise Noel Gallagher (ex-Oasis), il me balance des citations du film à la tronche ! Cette chose a développé une vie propre, j’ai dû endurer cette merde pendant trois ans ! Je suis conscient que beaucoup de musiciens ont dû vivre le même genre de situations. Seulement, ils n’ont pas été assez stupides pour se filmer pendant ce temps-là et partager ça avec le reste du monde ! (Ulrich semble oublier le triste « Let it be » de The Beatles, ndlr) La dynamique du groupe est tellement différente aujourd’hui, c’est difficile pour moi de me retrouver dans ce film. C’est comme si ces choses étaient arrivées à quelqu’un d’autre. »

Concernant l’avenir de Metallica, Lars Ulrich est enthousiaste comme à son habitude. Moins d’excès, des tournées fragmentées afin de préserver leur vie de famille ainsi qu’une nouvelle vague de fans drainée par le succès du jeu vidéo « Guitar Hero Metallica », tout cela contribue à rendre le batteur heureux.

« C’est assez cool d’avoir son propre jeu vidéo quand on a des enfants de huit et onze ans, cela aide pour être un papa cool à leurs yeux ! Je joue avec eux et c’est assez génial. En plus, je peux rajouter des cheveux à mon personnage et être aussi mince qu’avant, ce qui est toujours bien ! »

Metallica fêtera ses trente ans de carrière en 2011, un anniversaire que le groupe a bien l’intention de célébrer comme il se doit car comme le dit Ulrich, « on est pas très doués pour rester à la maison bien longtemps. »

« On ne sortira pas de « Best of », ces trucs-là ne servent à rien et ont toujours un arrière-goût douteux. Il y a une bonne vibration au sein du groupe, tout le monde s’éclate et s’entend bien. Les choses étant ce qu’elles sont, je ne serais pas surpris si nous commencions à enregistrer un nouvel album d’ici un an. »

En voilà une nouvelle qu’elle est bonne ! Rendez-vous d’ici un an donc…
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