Lamb Of God - "VII - Sturm Und Drang"

Par Scred | le 17/08/2015 | Les autres articles sur le Métal

Après la tempête
Comme son nom l’indique, ce septième album de Lamb Of God a des choses à dire et un sacré paquet de casseroles aux fesses avant même d’être posé sur la platine. Pensez donc, un long et douloureux sevrage alcoolique suivi d’une arrestation puis d’une incarcération de Randy Blythe en République Tchèque pour, excusez du peu, meurtre sur la personne d’un fan ayant trouvé la mort après un concert du groupe, ça fait beaucoup pour un seul homme ! (cf. l'incroyable documentaire "As The Palaces Burn" pour un résumé des épisodes précédents)
Lamb Of God - "VII - Sturm Und Drang" On savait Randy Blythe pointilleux sur ses paroles, fuyant comme la peste les clichés du métal en général, privilégiant les thèmes politiques ou sociétaux aux bouffonneries satanico pornographiques, on pouvait donc se dire légitimement que les quelques années qui viennent de s’écouler lui avaient donné matière à réflexion… Et en effet, il y a du lourd au programme.

Mais avant de rentrer dans le vif du sujet, formule un poil fourre tout qui cette fois n’est presque pas métaphorique, un mot sur le reste du groupe. Car Lamb Of God, non content de se distinguer du reste de la meute par des lyrics nettement plus chiadés que la moyenne, c’est avant tout une impressionnante machine à riffs dont les rouages semblaient un peu grippés depuis, disons, « Wrath » (2009)…

Loin de moi l’idée que ce dernier et « Resolution » (2012) n’étaient pas de bons albums, c’est même plutôt le contraire, disons seulement que le groupe donnait l’impression de tourner en rond, surtout après l’entreprise de démolition de tympans que fût « Sacrament » (2006), pierre angulaire du Southern Metal post Pantera qui leur permit d’asseoir définitivement leur réputation.

Du coup, dès les premières notes de « Still Echoes », nous voici rassurés… Le distributeur de baffes est de sortie, le tandem Morton/Adler fonctionne à plein régime et délivre un riff terriblement efficace sur un discours de Bythe tournant autour des horreurs commises en Europe en l’Est… Europe de l’Est, tiens donc ? S’il fallait une preuve que Randy Blythe est un type en or massif, en voici une belle.

Là où beaucoup auraient gardé de leur expérience judiciaire (injuste de surcroit) une rancune tenace et l’aurait exploitée en utilisant le porte voix d’un groupe de métal populaire pour assouvir une certaine forme de vengeance (ce qui, une fois encore, pourrait apparaître légitime), Randy Blythe va dans la direction opposée. Apparemment bien documenté sur l’histoire de ses geôliers, il nous offre plusieurs titres en rapport avec le passé tragique de la République Tchèque (l’ultra violent « Anthropoid » sur le tristement célèbre officier nazi surnommé le « boucher de Prague »), ainsi qu’un regard franc et dénué de haine sur son expérience carcérale (« 512 »).

Quelques curiosités sont également au programme, comme l’excellent « Overlord », un titre que n’aurait pas renié Slipknot et qui sonne comme Metallica devrait sonner depuis dix (vingt ?) ans, alternant chant clair et bastonnage forcené pour aboutir à un final infernal, « Embers » qui voit le copain Chino (Deftones) donner la main, ou encore l’épuisant enchainement « Engage The Fear Machine »/ « Delusion Pandemic », épuisant pour les cervicales s’entend.

Conclusion, Lamb Of God nous revient avec leur meilleur album depuis une petite dizaine d’année, un truc carré plein de rage et d’intelligence qui rappelle à ceux qui en douteraient que le match n’est pas terminé et que les furieux sudistes mènent toujours au score !
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