Lamb Of God - "As The Palaces Burn"

Par Scred | le 08/03/2014 | Les autres articles sur le Métal

Inspiration
Dans la galaxie métal, Lamb Of God dispose d’un statut à part… Universellement respecté, faisant figure de vétéran après près de deux décennies au service d’un groove metal sans concessions, le groupe de Richmond n’a pourtant jamais vraiment explosé à l’instar des poids lourds du genre, de Pantera à Slipknot en passant par Korn. Probablement parce que les mecs s’en foutent royalement, trop contents de faire leur truc tout en comblant de bonheur une armée de fans dévoués.
Lamb Of God - "As The Palaces Burn" C’est d’ailleurs dans cet esprit que fût lancée la production de « As The Palaces Burn », rockumentary épique que Lamb Of God voulait dédié à son public, avec la volonté affichée de tourner les caméras vers ces anonymes qui ont fait du groupe ce qu’il est aujourd’hui. On rencontre donc un chauffeur de taxi colombien au cœur de l’enfer de Medellin, une jeune indienne racontant les difficultés de s’assumer en tant que chanteuse de hardcore, tatouée de surcroit, dans une société dominée par les castes, point commun entre tous ces intervenants, la musique de Lamb Of God vécue comme une bouée de sauvetage…

Un compliment qui signifie beaucoup pour Randy Blythe (chant) puisqu’il fait écho à sa propre expérience avec le groupe, confessant que sans Lamb Of God, il serait aujourd’hui probablement en prison ou mort, un aveu lâché au bord d’un fleuve où il se souvient avoir vécu en tant que sans abri. Inutile de chercher bien loin les raisons de l’authenticité de ses textes…

« As The Palaces Burn » commence donc comme ça, un film introspectif où Lamb Of God se livre sans pudeur, évoquant le chemin de rédemption d’un Randy Blythe sortant tout juste de l’enfer de l’alcoolisme, les tensions que cette situation a généré au sein du groupe pendant des années sans pour autant réussir à démolir l’édifice, l’importance des fans dans la solidité dudit édifice, l’ambiance des concerts, etc. Somme toute assez classique.

Et puis le drame, au sens littéral du terme. Au milieu du tournage, dans un moment surréaliste capté par les caméras, Blythe est arrêté par la police Tchèque au sortir de l’avion, accusé du meurtre d’un spectateur lors d’un concert donné à Prague deux ans auparavant. Dès lors, le film prend une autre tournure et nous invite dans les coulisses du procès, mettant à jour la personnalité du chanteur sous un angle inédit, obligé de se défendre d’un crime dont il est innocent, commis lors d’un concert dont il n’a aucun souvenir particulier.

Ce qui ressort de cette expérience, pour lui comme pour le spectateur, c’est bel et bien une formidable leçon de courage, le parcours inspirant d’un mec ayant décidé de choisir le droit chemin après avoir combattu ses démons, qui se voit infliger une épreuve supplémentaire, comme un test ultime où l’univers semble lui demander, « alors bonhomme, tu veux être un type bien ? Et bien prouve le ».

Inutile de préciser que le karma de Randy Blythe s’est bougé les fesses et que le chanteur s’est vu exonéré de toutes les charges pesant sur lui, donnant au titre du dernier album de Lamb Of God, « Resolution », un sens bien particulier… On ressort donc de ce film un poil ébranlé, ayant été témoin de quelque chose d’inattendu, avec un regard et un respect nouveau pour le groupe et son leader que l’on vient d’accompagner durant sa traversée des enfers (« Walk With Me In Hell »).

Et c’est bien la seule chose que l’on pourrait reprocher au film, le cruel déficit de musique au profit du récit. Mais qu’importe ! La bande originale du film est là pour combler ce manque, premier « best of » studio du groupe qui pourra servir d’introduction à la musique de Lamb Of God pour les brebis égarées comme de friandise pour les convertis ! Une belle source d’inspiration dans tous les cas…
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