Koritni - "Welcome To The Crossroads"

Par Scred | le 10/03/2012 | Les autres articles sur le Hard Rock

Diablement Bon
Après deux albums qui avaient mis tout le monde d’accord (et une petite curiosité faite de lives, de reprises et d’inédits), Koritni nous revient avec le toujours difficile troisième album, le fameux disque de la maturité censé décider qui vivra et qui verra passer le train du succès depuis le quai.
Koritni - "Welcome To The Crossroads" Pour le coup, un petit coup de main de la part du grand cornu n’était pas du luxe et c’est sous son regard bienveillant que le plus francophile des groupes de la nouvelle vague de hard rock vintage a accouché de ce « Welcome To The Crossroads » qui fait mieux que transformer l’essai ! Produit par Lex Koritni lui même, on y découvre un groupe en partie débarrassé des clichés (AC/DC, Guns N’ Roses) qui caractérisaient leurs premiers efforts studio et ce n’est pas plus mal…

En effet, si le son de Koritni conserve cette patte typiquement eighties dans ses guitares, les lignes de chant de l’ami Lex et cette façon de torturer le blues, les chansons à proprement parler commencent à avoir une vraie identité et l’auditeur se dit de moins en moins qu’il a déjà entendu ça quelque part pour se demander à la place quand il a pu déjà entendre ce genre de musique… Et la réponse vient tout naturellement s’imposer d’elle même, quelque part entre le milieu des années 70 et la fin des glorieuses années 80, entre l’avènement de Led Zeppelin et les derniers frémissements d’Aerosmith.

Et le premier symptôme de cette émancipation qui justifie également le titre de l’album, c’est une orientation bien plus bluesy de l’ensemble des titres de ce « Welcome To The Crossroads » à commencer par celui qui ouvre les hostilités, le bien nommé « Down To The Crossroads » qui trace sa route à grands coups de slide sur la progression d’accords de « Hell’s Bells » en accélérant l’affaire pour lui donner un coup de jeune, réalisant l’exploit de suivre les traces d’AC/DC sans toutefois sembler leur emboiter le pas.

Dans la famille des blues énervés qui font trembler les murs, citons aussi « Party’s Over » avec son riff d’intro imparable, l’excellent « Sometimes » qui fait monter la tension progressivement jusqu’à l’explosion finale qui promet quelques suées en concert ou encore « Money Talks, It Says Goodbye » et « Let’s Go Crazy », d’un classicisme ultime qui parviennent cependant à atteindre leur but, faire taper du pied avec un sourire niais. Que demande le peuple ?

Et bien le peuple, il demande un petit supplément d’originalité, un brin d’âme, ce que Koritni s’empresse de lui offrir avec des titres comme « TV’s Just A Medium », petite cavalcade rock n’ roll avec message à la clef qui encourage l’auditeur à éteindre sa télévision pour mieux monter le son de la stéréo à la place, conseil ô combien judicieux, suivi de « Lost For Words », une douceur glam en diable (encore lui) sans prétention qui accroche l’oreille mine de rien avec son refrain ultra efficace et un solo comme on les aime et qui donne envie de jouer à genoux devant un ventilateur.

Arrivé à ce point de l’album, le fan ravi vient d’encaisser dix très bons titres et peut s’estimer heureux… C’est là que réside la grande intelligence de nos franco-australiens, placer à ce moment précis un morceau comme « Hold On », ballade déchirante déjà présente en version acoustique sur « No More Bets » (2010) avant de terminer le boulot avec le blues le plus pur de l’album, « Take It Like A Man », dernier avatar du locataire de la croisée des chemins qui bat la mesure avec son pied fourchu en se frottant les mains. Avec des VRP comme Koritni, il n’est pas près d’être au chômage… Le (Belzé) but est atteint !
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