Kiss - "Monster"

Par Scred | le 09/10/2012 | Les autres articles sur le Hard Rock

Du bout des lèvres
Si l’on prête attention à la discographie de Kiss, un fait saute immédiatement aux yeux… Leur album le plus populaire (en termes de ventes) n’est autre que « Alive II», le fameux album immortalisant le groupe en concert paru en 1977, suivi de très près par son grand frère « Alive » datant de 1975, « Destroyer » (1976) n’arrivant qu’en troisième position.
Kiss - "Monster" Conclusion logique, Kiss est un groupe de scène avant tout, rien d’étonnant à cela tant les new yorkais ont imposé leur image par le biais de prestations live d’anthologie, entre les facéties d’un Gene Simmons sanguinolent toute langue dehors et le cabotinage de Paul Stanley, persuadé (à juste titre) de transpirer la sensualité du haut de ses Platform Boots !

Mais on peut également envisager le problème sous un autre angle… Kiss est aussi et surtout un groupe à singles, capable de réaliser des compilations ébouriffantes mais assez faible sur la durée d’un album studio. Du coup, bonjour les titres de remplissage, et ce n’est pas le petit dernier, « Monster », qui va démontrer le contraire…

Commençons par le plus évident, la pochette. Certes, Kiss a toujours nagé dans le kitsch et les clichés hard rock, clichés qu’ils ont en partie inventé au passage, mais là disons-le tout net, trop c’est trop ! Entre une photo manifestement retouchée à l’extrême digne d’un dossier de presse et une police de caractère abominable choisie pour le titre de l’album, on a presque l’impression de se retrouver en face d’un pirate ! Travail bâclé en somme.

Mais bon, on ne juge pas un livre à sa couverture paraît-il, quid de la musique ? Comme nous le disions un peu plus haut, Kiss sait y faire lorsqu’il s’agit de pondre des singles efficaces et c’est une fois de plus le cas avec des titres comme « Hell Or Hallelujah », « Eat Your Heart Out » ou encore « All for the love of Rock n’ Roll ». C’est carré, entraînant, calibré pour les radios dans la plus pure tradition du Kiss seventies que nous aimons (presque) tous avec refrains accrocheurs, riffs précis et mur du son vintage de rigueur.

Le problème, c’est que le chien à beau aboyer, le reste de la caravane ne passe pas… Même si chaque chanson reste plaisante à écouter, on a beaucoup de mal à se rendre compte des transitions tant l’ensemble manque d’originalité et l’on se retrouve rapidement obligé de regarder les titres des morceaux pour savoir si on est passé à la suivante ! Et puis il y a les redites, tel « Back To The Stone Age » qui sent la resucée de « Deuce » à plein nez, et ce malgré une bonne performance vocale de Gene Simmons si l’on fait abstraction des paroles complètement débiles !

Encore une fois, rien n’est vraiment mauvais, mais rien n’est objectivement bon. Pour le vingtième album de leur carrière, Kiss avait mieux à faire que de nous pondre un album de ce calibre, surtout lorsque l’on se souvient du précédent opus, « Sonic Boom » (2009), qui comportait beaucoup plus de moments d’anthologie que ce « Monster » qui ne fera peur à personne… A déguster du bout des lèvres, sans plus.
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