Kenny Wayne Shepherd Band - "Live! In Chicago"

Par Scred | le 18/10/2010 | Les autres articles sur le Blues

Texas Blood
Kenny Wayne Shepherd est né en Louisiane, et pourtant à l’écoute de ce live enregistré à la prestigieuse « House of Blues » de Chicago, on a le sentiment que c’est le sang d’un texan qui coule dans ses veines, celui du regretté Stevie Ray Vaughan qui hante chaque note de cet album magistral.
Kenny Wayne Shepherd Band - "Live! In Chicago" Ce n’est d’ailleurs pas une surprise, la comparaison entre les deux hommes ayant été faite depuis le premier album du jeune guitariste (Ledbetter Heights – 1995) âgé à l’époque de seulement dix-huit printemps. Mais voilà, le temps passe et Kenny Wayne Shepherd n’est plus le petit prodige du blues, c’est désormais un guitariste confirmé et respecté par ses pairs, qui assume parfaitement la filiation avec son aîné au célèbre chapeau.

C’est tellement vrai que l’on retrouve dans le groupe qui l’accompagne sur scène deux visages connus des amateurs de blues texan, messieurs Tommy Shannon et Chris Layton, nuls autres que le bassiste et le batteur historiques de Double Trouble, le groupe de Stevie Ray Vaughan ! Ces deux-là ont choisi leur camp et on peut se fier à leur jugement…

Enregistré pendant la tournée qui suivit la sortie de 10 Days Out : Blues from the Backroads (2007), un album où Kenny Wayne Shepherd revenait aux origines de la musique du diable accompagné de grands noms du blues, ce concert se divise en deux parties bien distinctes. Tout d’abord, Kenny Wayne Shepherd passe en revue quelques titres mémorables tirés de ses albums solos, puis il invite sur scène une poignée de collègues de bureau prestigieux (Hubert Sumlin, Willie « Big Eyes » Smith, Bryan Lee ou encore Buddy Flett) afin de jammer sur une sélection de blues classiques et parfois méconnus.

Mais ne brûlons pas les étapes… Ouvrant les hostilités avec « Somehow, somewhere, someway », le groupe donne le ton sans attendre. La Stratocaster de Kenny Wayne Shepherd crache le feu sur un rythme soutenu et caractéristique de ce blues typique que l’on aime jouer du côté d’Austin et invoque le fantôme de SRV qui répond présent sans attendre. Le son est sale et agressif comme il se doit, carré comme un baffle de Marshall, et les versions de « King’s Highway », « True Lies » et « Deja Voodoo » sonnent encore mieux qu’elles ne le faisaient en studio !

Et puis vient le moment de s’attaquer aux trésors du passé, du « Sell my monkey » de BB King au « Baby don’t say that no more » de Jimmy Reed, les titres souvent obscurs exhumés des chemins de traverse du blues s’enchainent avec pour seul point commun l’excellence de l’interprétation de Kenny Wayne Shepherd et de ses invités. Signalons particulièrement le langoureux « Dance for me girl », le très joyeux « Sick and tired » et l’excellent « Rockin’ Daddy », véritables perles oubliées et ressuscitées par des musiciens au goût très sûr.

Le concert s’achève sur deux titres classiques du répertoire de Kenny Wayne Shepherd, le très aérien « Blue on Black » qui nous emmène très loin dans le désert, une guitare en bandoulière et quelques oiseaux de proie tournoyant au-dessus de nos têtes et l’inévitable « I’m a King Bee » de Slim Harpo au riff toujours aussi efficace après être passé à la moulinette des Rolling Stones, du Grateful Dead ou encore des Doors pour ne citer que ceux-là.

Ils furent nombreux ceux qui se réclamèrent de l’héritage de Stevie Ray Vaughan, mais décidément aucun n’atteint l’excellence de Kenny Wayne Shepherd dans cet exercice, c’est un fait que confirme une fois de plus ce « Live ! In Chicago » absolument indispensable pour tout amateur de blues qui se respecte.
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