Keith Richards - "Vintage Vinos"

Par Scred | le 02/11/2010 | Les autres articles sur le Rock

Gimme a Keith
Allons bon, à peine un mois après Ron Wood, ce serait au tour de Keith Richards de trouver que les Rolling Stones mettent un peu trop de temps à donner un petit frère a « A Bigger Bang », leur dernier album en date sorti en 2005 ?
Keith Richards - "Vintage Vinos" Que nenni ! « Vintage Vinos » est en fait une compilation regroupant les meilleurs titres des deux albums solos de Keith Richards ainsi que quelques lives savamment sélectionnés. Un best of avec seulement deux albums ? Attends, on parle de Keith Richards là… De plus, il faut souligner que si l’on peut encore se procurer sans trop de difficulté son dernier opus « Main Offender » (1992), il n’en va pas de même pour le chef d’œuvre « Talk is cheap » (1988), quasiment introuvable aujourd’hui.

Du coup, on sera ravi d’apprendre que plus de la moitié de « Talk is cheap » se trouve sur ce « Vintage Vinos » qui porte sacrément bien son nom (1988, grande année !). De « Take it so hard » qui servira de base au futur « Mixed Emotions » des Rolling Stones à « You don’t move me » (une gentille boutade en direction de Mick Jagger, jugé en panne d’inspiration à l’époque) en passant par le très funky « Big Enough » (où l’on retrouve Bootsy Collins à la basse et Maceo Parker au saxo, excusez du peu!) sans oublier le très romantique « Make no mistake », on a droit à une belle séance de rattrapage pour ceux qui avaient raté (ou oublié) cet excellent album.

De « Main Offender », Keith Richards a sélectionné seulement trois titres, le très stonien « Wicked as it seems » (que Mick Jagger recyclera plus tard pour donner naissance à « Love is strong »), le single « Eileen » où le guitariste hulule comme un hibou mort d’amour ainsi que « Hate it when you leave ». Trois morceaux c’est peu, mais nous avons affaire à une compilation, pas une anthologie !

D’autant plus qu’au milieu de ces souvenirs de studio, l’ami Richards a eu la bonne idée de glisser quelques perles en live glanées sur différents albums, tel l’éternel « Happy » (probablement l’un des meilleurs titres des Rolling Stones), le reggae « Too Rude » co-écrit avec les légendes jamaïcaines Sly Dunbar & Robbie Shakespeare ainsi qu’une version réactualisée du classique « Time is on my side » bourrée d’émotion.

Mais la véritable cerise sur le gâteau, la chanson qui mériterait à elle seule l’achat de cet album se trouve en toute dernière positon. Il s’agit de « Hurricane », un titre enregistré après le drame de Katrina à la Nouvelle Orléans en hommage aux victimes afin de récolter des fonds pour aider les survivants et là… Là on touche au génie. Une voix cassée, parcheminée comme le visage du maître, une guitare acoustique chargée d’un siècle d’histoire du blues et tout est dit.

Keith Richards nous offre donc avec cette compilation une magnifique occasion de redécouvrir la face cachée de la légende, une légende forgée au sein de l’un des plus grands groupes de rock n’ roll de tous les temps mais qui s’exprime ici dans l’intimité d’un homme et de sa guitare. Chapeau bas.
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