Karma to Burn - "V"

Par Scred | le 23/05/2011 | Les autres articles sur le Métal

Stoned to the bones
Karma To Burn fait partie de ces groupes cultes dont on adore chuchoter le nom entre initiés tant leur musique comme leur plan de carrière défie les lois du marché. Pratiquant un stoner rock sans compromissions, majoritairement composé de morceaux instrumentaux aux noms désignés par des chiffres, Karma To Burn semble vouloir tout faire pour conserver ce statut d’intégristes d’un métal lourd et puissant, véritable bande originale d’un film qui présenterait le choc de la rencontre entre la Horde Sauvage et une charge de Huns en manque de pillages !
Karma to Burn - "V" La petite subtilité qui change tout sur « V » n’est cependant pas dans les cinq titres instrumentaux que l’on y retrouve (même si chacun d’entre eux vaut son pesant de lait de jument fermenté, nous y reviendront) mais bien dans les trois morceaux comprenant des parties vocales figurant sur l’album, parties vocales assurées par un certain Daniel Davis, hurleur en chef de Year Long Disaster, un groupe dont vous savez tout le bien que je pense si vous nous lisez avec assiduité.

Les deux groupes étaient d’ailleurs intimement liés puisque Year Long Disaster assurait les premières parties de Karma To Burn jusqu’à très récemment, compte tenu du fait que Rich Mullins tenait la basse dans les deux formations… C’est donc avec un plaisir non dissimulé que nous découvrons aujourd’hui « Cynics », une cavalcade heavy metal au riff aussi dense qu’agressif, « Jimmy Dean » qui appuie sur la pédale d’accélérateur pour mieux plonger l’auditeur dans un abîme de lourdeur au détour d’un break histoire d’introduire la cerise sur le gâteau, une reprise du « Never Say Die » de Black Sabbath, au moins aussi inquiétante que l’originale.

Les références au Sab’ ne manquent d’ailleurs pas sur « V », du riff démoniaque de « 50 » à l’ambiance lancinante de « 47 » sans parler de la pochette de l’album plus qu’explicite, l’ombre malfaisante du groupe de Tony Iommi plane sur de nombreux passages du disque, une référence que Karma To Burn assume complètement tout en apportant sa touche personnelle à l’édifice, avec cette manière de mélanger le heavy metal joué une octave en dessous de la moyenne avec quelques touches de blues ou de rock tout ce qu’il y a de classique (« 48 »), puisés au cœur d’un désert lugubre au beau milieu de la nuit.

Il y a fort à parier que Karma To Burn ne vendra pas énormément d’exemplaires de ce « V », tant le public pour ce genre d’ovni rock n’ roll est rare et sélectif. Qu’importe, ce disque a le mérite d’exister et de justifier la présence du groupe au Hellfest cette année ! Si vous suivez mon conseil, vous serez nombreux sous la Terrorizer Tent à aller les applaudir…
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