Karima Francis - "The Remedy"

Par Scred | le 27/08/2012 | Les autres articles sur le Folk

Potion Magique
Bono avait une phrase pour ce genre de situation, « Rock n’ roll stops the traffic » ! Voilà qui décrit parfaitement l’effet que produit la musique de Karima Francis sur les oreilles chanceuses qui la reçoivent par inadvertance… On arrête de bouger, de respirer, pris au piège par la voix rauque et infiniment soul de la jeune anglaise et on attend que ça passe, en espérant secrètement que cela ne soit pas trop rapide.
Karima Francis - "The Remedy" Je parle d’expérience, ayant eu la chance d’assister à un showcase de la miss lors de son passage au festival Hard Rock Calling de Londres en juillet dernier… Un petit bout de femme pas franchement belle ni, oserais-je le dire, vraiment féminine monte sur la modeste scène aménagée pour l’occasion et une salle de cinq cent personnes qui se retournent vers elle après quelques minutes, cessant toute activité, intrigués par ce folk lumineux mêlant l’intensité du gospel avec une élégance pop toute britannique.

Déjà responsable d’un album quasiment introuvable aujourd’hui (« The Author » - 2009) malgré un accueil critique positif, Karima Francis nous revient donc aujourd’hui avec « The Remedy », dix titres à la beauté simple et efficace qui reflètent les influences de l’artiste, entre Tracy Chapman (à qui elle emprunte un timbre chaud et des inflexions de voix à vous donner la chair de poule) et, disons, Stereophonics ou Coldplay pour la simplicité et l’évidence des mélodies.

Et dès la première écoute, une certitude s’impose, cette fille va aller loin si seulement on se donne la peine d’entendre son message. En effet, « The Remedy » commence par ces simples mots, « help me… », aidez-moi à vous toucher au plus profond de votre être… Rien de plus simple, il suffit de se laisser bercer par les chansons, autant de singles en puissance qui s’enchainent.

« The Remedy » donc, supplique acoustique non larmoyante qui oublie le pathos pour se concentrer sur l’énergie de l’espoir (pour changer) précède « Tonight », une petite chose pop sucrée salée diablement efficace avant d’embrayer sur « Wherever I Go », prototype de la ballade romantique entendue mille fois mais qui fonctionne toujours, pourvu que l’interprète soit crédible et sincère ce qui est bien entendu le cas…

C’est d’ailleurs le thème principal de l’album, l’amour perdu ou retrouvé, comment ça « encore » ? Et bien oui, c’est très exactement ça, encore ! Une autre ! Un « Glory Days » ensoleillé qui vous éblouit le tympan, un délicat « Arrest You » à la production minimale qui vous donne l’impression que la chanteuse joue juste pour vous, un « Stay » à la mélodie discrètement empruntée à Joan Osborne qui vous donne envie d’être un glaçon dans un verre de scotch ou encore un « Crazy » au refrain semblable à un gant frais sur les tempes pour apaiser la migraine du quotidien !

Karima Francis fait donc son chemin, depuis la triste Blackpool jusqu’à Manchester, puis Londres, gageons qu’elle parviendra à traverser la Manche pour ensorceler de son talent le reste de l’Europe et les Etats-Unis qui n’ont encore aucune idée de combien ils vont aimer cette petite anglaise sortie de nulle part. Nous en tous cas, on en est persuadés, cette fille va être immense. Qu’est-ce que je raconte ? Elle l’est déjà.
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