Julia Stone - "The Memory Machine"

Par Scred | le 14/09/2010 | Les autres articles sur le Folk

Fleurs du mal
Troisième album en un an pour Julia Stone si l’on compte les deux enregistrés avec son frère Angus, admettez que cela commence à devenir suspect… Elle n’aurait pas fait un tour par la croisée des chemins dès fois cette jeune fille ? Peu probable, tant le diable doit détester la grâce et la lumière dégagée par la jeune australienne.
Julia Stone - "The Memory Machine" Non, la source de tant de créativité doit se trouver autre part… Dans le talent, sûrement, un talent insolent qui éclabousse chacun des titres de « The Memory Machine », un album qui risque de faire beaucoup de bruit malgré les trésors de douceur qu’il recèle, pourvu qu’il soit distribué correctement par chez nous.

On peut cependant se demander pourquoi Julia Stone s’est privé de la présence de son petit frère Angus lorsque l’on écoute « This Love », le titre qui ouvre l’album sur un rythme feutré à la fois entêtant et sensuel. On retrouve immédiatement le timbre léger et mélancolique de la jeune fille qui était pour beaucoup dans la qualité des ambiances de « Down the way », le dernier album en date du duo. Alors, pourquoi ?

La réponse à cette question commence à se dessiner dès le second morceau, « My Baby », une ballade qui fait souffler un vent irlandais sur un air proche de l’ « Unchained Melody » des Righteous Brothers. Moins pop qu’à l’accoutumée, Julia Stone chante dans un registre plus personnel, presque intime, qui appuie là où ça fait mal. Une tendance confirmée par « Winter on the weekend », une chanson à la beauté dramatique qui évoque immédiatement rien moins que notre regretté Mano Solo.

Et même lorsque qu’elle retrouve un style folk plus proche de celui auquel elle nous avait habitués sur les albums précédents enregistrés en compagnie d’Angus avec des titres comme « The Memory Machine » ou « What’s wrong with me », on sent bien que Julia Stone nous parle plus de sa part d’ombre que de celle pleine de soleil qui illuminait des chansons comme « Santa Monica Dream » ou encore « And the boys ».

C’est encore plus flagrant sur un titre comme « Horse with the wings », petit chef d’œuvre qui intervient vers la fin du disque où Julia Stone mêle la poésie de ses mots tristes à un phrasé rappelant Ani Difranco sur une musique envoutante et terriblement poignante. Elle a beau tenter de faire retomber la pression avec le léger « Where does the love go ? » en toute fin d’album, le mal est fait. On ressort de « The Memory Machine » avec une petite boule au ventre, une douce amertume au cœur et l’envie de remettre le disque depuis le début parce que, bien souvent, c’est tellement bon de se faire du mal, surtout lorsque ce mal ressemble aux fleurs du même nom. Tout simplement indispensable!
    Dîtes nous si vous avez aimé cet article.