Julia Stone - "By The Horns"

Par Scred | le 31/05/2012 | Les autres articles sur le Folk

Pierre qui roule
Coïncidence ? La même semaine que son petit frère, Julia Stone nous offre son deuxième album solo en deux ans, et avec lui l’une des clefs du succès du tandem australien. Si Angus Stone reste le maître d’œuvre et le socle du folk aérien qui présidait aux destinées de « Down The Way », Julia quant à elle y apporte la touche plus actuelle sans être trop pop, sorte de beatnick de l’an 2000 sachant mêler tradition et modernité. Deux pour le prix d’un, au diable l’avarice !
Julia Stone - "By The Horns" Et en parlant du diable, prenons-le par les cornes en laissant de côté l’amour immodéré que nous vouons à la belle pour conserver une parcelle d’esprit critique et dézinguer avec bonheur « Let’s Forget All The Things We Say », un duo improbable avec Benjamin Biolay qui parvient à rendre ennuyeux chaque syllabe qu’il prononce, un exploit ! On en restera donc à la version solo du titre qui figurait sur le précédent maxi de miss Julia qui devrait faire attention à l’avenir aux propositions de sa maison de disque française…

Ceci posé, parlons un peu du reste de l’album qui commence véritablement avec les premières notes de « Bloodbuzz Ohio », notes légères et synthétiques servant de tapis douillet pour une guitare acoustique accueillant dans ses bras une clarinette discrète soutenue par une batterie en mode country folk. L’univers de Julia Stone est bien là, quelque part entre les étendues infinies et l’intimité d’une voix unique, sensuelle et atypique. Un léger vibrato, un peu de miel dans le timbre, et une douceur teintée de nostalgie, on en rêvait, elle l’a fait.

« It’s All Okay » explore un registre différent, posant sur un rythme électronique un thème de piano obsédant, proche de ceux qu’affectionne Moby, laissant le champ libre à Julia Stone pour s’épancher sur une histoire d’amour ratée, une de plus, en explorant une direction musicale qu’elle ne pourrait pas envisager avec son frère, par opposition au superbe « I’m Here, I’m Not Here » qui retrouve le folk romantique qui a fait la réputation du duo.

Levant le voile sur ses propres influences, Julia Stone assume et délaisse un peu Neil Young au profit de Pink Floyd sur « Break Apart », une relecture très personnelle du « Breath » de « Dark Side Of The Moon », tant au niveau de la mélodie que de l’utilisation d’un piano électrique et de sonorités psychédéliques du meilleur effet, tout comme le très jazzy « By The Horns » qui évoque un lointain cousinage avec notre Keren Ann nationale. Libérée sur parole, Julia Stone ? Et pourquoi pas !

« The Line That Ties Me » vient clore le débat. Un piano aux notes plus légères qu’une brise estivale vient servir d’écrin à la douce australienne qui pose sur une mélodie délicate un texte digne de Leonard Cohen, tout en retenue et en élégance comme à son habitude, mettant un point final à cet album de grande classe qui complète magnifiquement celui d’Angus Stone paru quelques jours plus tôt. Nul besoin de choisir, les deux il faudra écouter et imaginer avec délice le résultat lorsque la famille se réunira à nouveau.
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