Jonny Lang « Live at The Ryman »

Par Scred | le 24/02/2010 | Les autres articles sur le Blues

Lang Vivant
La gueule d’amour est de retour !
Jonny Lang « Live at The Ryman » L’autre Kid de Minneapolis se faisait discret depuis son dernier album en demi-teinte (« Turn Around ») paru en 2006, ce qui diminuait d’autant les chances pour le public français de le découvrir sur scène, son véritable endroit de prédilection.

Du coup, ce « Live at The Ryman » arrive à point nommé pour servir de séance de rattrapage à tous ceux qui n’ont jamais pu voir sur scène ce jeune prodige du rythm and blues américain.

R n’ B ?

Oui monsieur, le seul et l’unique ! Oubliez-donc une seconde ces chanteuses vocalisantes qui se ressemblent toutes et ces mecs qui abusent du vocoder, le vrai R n’ B existe encore de Chicago à Detroit en passant donc par Minneapolis d’où Jonny Lang est originaire.

Ce mélange de soul et de blues correspond à merveille à la personnalité du guitariste blondinet avec une dose de sensualité, un soupçon d’animalité et une louche de galères diverses (ah, les femmes...), le tout aspergé d’une bonne quantité de sueur dont il n’est pas avare sur scène. C’est d’ailleurs ce qui frappe lorsqu’on le voit se produire en concert, ce visage dégoulinant, déformé par l’effort et la passion ainsi que ses gestes compulsifs qui rappellent un autre chanteur à la voix rocailleuse, j’ai nommé Joe Cocker.

Comme prévu, « Live at The Ryman » est un disque moite. La fameuse Telecaster de Jonny Lang crache littéralement le blues avec un son aussi crade que puissant, comme court-circuitée par la chaleur des mains de son maître. Aussi à l’aise sur des riffs lourds qui taquinent les rockeurs californiens des années 60 (« Lie to Me ») que sur des blues lents et déchirants (« A quitter never wins ») ou des ballades plus légères (« Breakin’ Me »), Jonny se promène au travers de son répertoire riche de quatre albums déjà.

Le choix des titres est, puisque l’on en parle, assez audacieux puisqu’il évite certains morceaux qui avaient eu les honneurs des radios pour les remplacer par d’autres plus ambitieux et plus complexes tels que ce « Turn Around » hypnotique de presque douze minutes, ou encore le très funky « One person at a time » qui trahit le goût prononcé de Jonny Lang pour un certain Stevie Wonder. Cet amour est parfaitement assumé du reste, puisque l’on retrouve un peu plus loin une reprise du grand pianiste aveugle, « Living for the City »...

A noter enfin le funk brûlant de « I Am », un titre composé à l’époque par Prince en personne venu en voisin, ainsi qu’une version pleine d’émotion de « Red Light » qui s’étire également sur onze minutes de bonheur à vous faire dresser les poils sur tout le corps, s’il vous en reste encore quelque uns de secs !

Non décidément, c’est bien ce Jonny là qui joue toute la musique qu’on aime ...
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