Jonathan Davis and The SFA - "Alone I Play" (Live at the Union Chapel)

Par Scred | le 24/08/2011 | Les autres articles sur le Métal

Lestat de l'Union
On ne présente plus Jonathan Davis, charismatique hurleur de Korn aussi discret sur ses problèmes personnels et ses angoisses que peut l’être un rhinocéros dans un magasin de porcelaine. Entre deux albums de son groupe, Jon Davis s’était lancé un défi en 2007, partir en tournée sans ses acolytes en revisitant dans le cadre de concerts intimistes une partie du répertoire de Korn ainsi que quelques compositions personnelles avec une formation inédite semi-acoustique. En avait résulté un DVD live, complété aujourd’hui par son pendant sur album.
Jonathan Davis and The SFA - "Alone I Play" (Live at the Union Chapel) Alors, pari réussi ? Certes, au delà de toutes les espérances, et ce pour plusieurs raisons. La première tient au choix des morceaux… Sur les quinze titres figurant sur l’album, six sont extraits de la bande originale du film « The Queen of the Damned » qui, s’il fût un navet notoire, a tout de même eu le mérite d’immortaliser sur album une série de chansons fantasmées depuis des années par des millions de lecteurs, celles du vampire Lestat.

Et qui mieux que Jonathan Davis pouvait incarner la voix de Lestat, cet aristocrate français, vampire contre son gré, rongé par la culpabilité, pleurant plus qu’à son tour des larmes de sang sur son humanité perdue, qui se réveille en plein XXème siècle pour découvrir qu’une carrière de rock star lui tend les bras ? A lire le roman, il n’y aucun doute, Lestat a inventé l’Emo avec vingt ans d’avance ! Du coup, des titres comme « System », « Slept so long » ou encore « Not meant for me » prennent une toute autre dimension avec leur nouvel habit de ténèbres… Un violon se lamente en toile de fond, entourant la voix d’un Davis auquel il semble avoir poussé des crocs, le tout sur un mode baroque collant parfaitement à l’esprit du vampire de la Nouvelle Orléans, bref, on est aux anges ! (Façon de parler).

La seconde raison de se réjouir de la sortie de cet album, c’est la performance réussie par Jonathan Davis sur les morceaux de Korn qu’il a sélectionné avec soin. Non seulement on sort des sentiers battus avec des titres rares comme « Alone I break », « Last Legal Drug », « Dirty » ou encore le très poignant « 4 U », mais on redécouvre également chacune de ces chansons d’une oreille complètement neuve, loin des versions assez décevantes de l’album « Unplugged » paru en 2007 car réellement repensées et non pas seulement adaptées.

Cela est d’ailleurs flagrant sur des titres comme « Got the Life » et « Falling away from me » qui, s’ils semblaient anecdotiques sur l’ « Unplugged », redeviennent d’un seul coup excitants, dérangeants, entraînants bref, intéressants ! Au final, cet album ravira les fans de Korn en manque d’originalité et pourrait ramener dans le giron du groupe de Bakersfield toute une nouvelle génération d’amateurs de rock torturé, à la recherche d’émotions fortes plus que de sensations extrêmes et de bourrinage de tympans. Il faut de tout pour faire un monde…
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