Joe Bonamassa - "Driving Towards The Daylight"

Par Scred | le 22/05/2012 | Les autres articles sur le Blues

Reprise(s) des activités
Encore un album signé Joe Bonamassa ? Et bien oui, encore. Après « Dust Bowl » qui date d’à peine un an, le second album de Black Country Communion (« 2 »), deux lives et l’excellent projet « Don’t Explain » avec Beth Hart, pourquoi ne pas remettre le couvert ? Après tout, la vie est trop courte.
Joe Bonamassa - "Driving Towards The Daylight" En même temps, « Driving Towards The Daylight » étant avant tout composé de reprises, le temps de composition en a été raccourci d’autant… Ce qui ne veut pas dire que Joe n’aurait pas été capable d’écrire un album entier dans le même laps de temps, soyons clairs ! Mais voilà, cela a toujours été sa façon de faire, concentrer son immense talent d’écriture sur une poignée de morceaux et jouer les prosélytes du blues avec une série de covers destinées à faire connaître à son public des titres souvent confidentiels qui méritaient un petit coup de plumeau.

Toujours produit par le troglodyte Kevin Shirley qui a battu le rappel des copains pour l’occasion, « Driving Towards The Daylight » sent bon la première prise de studio et la spontanéité. Il faut dire qu’avec de vieux briscards comme Brad Whitford (Aerosmith), accompagné de son fils Harrison, Pat Thrall ou encore Blondie Chaplin, il y avait peu de chances qu’il en soit autrement.

Au rayon nouveautés, trois titres originaux viennent nous titiller l’oreille, et ce dès le démarrage de l’album. « Dislocated Boy » reprend les affaires là où « Dust Bowl » les avait laissées, du blues fleurant le désert, la poussière et les tornades, la route surtout que Joe arpente tout au long de l’année. Une vie d’errance qui lui convient autant qu’elle peut lui peser mais souvenons-nous que « tout ceux qui errent ne sont pas perdus », surtout au moment de lâcher une paire de solos mordants, aussi brefs qu’incisifs.

« Heavenly Soul » change complètement de registre, livrant une vision électrifiée d’un folk proche de ce que pouvait faire Richie Havens, et nous laisse avec un petit goût de liberté dans le fond de la bouche pas désagréable du tout. Mais le meilleur reste à venir, la sublime ballade qui donne son titre à l’album, « Driving Towards The Daylight », où Joe Bonamassa livre l’une des plus belles prestations vocales de sa carrière. Sur une mélodie parfaite, il répond au thème de « Dislocated Boy » en cherchant une issue à sa fuite en avant, rentrer chez soi enfin, avec une force et une émotion rare. Pas de solo, pas de technique étourdissante, juste une magnifique chanson.

Le reste de l’album se partage donc entre reprises de ténors du genre (« Stones In My Passway » de Robert Johnson, « Lonely Town Lonely Street » de Bill Withers ou encore le « Who’s Been Talkin’ ? » de Howlin’ Wolf qui donne un indice quant à la source d’inspiration de Jimmy Page pour le riff de « Whole Lotta love » et sert de prétexte à un duel de guitares dantesque) et titres moins connus, judicieusement piochés dans la discographie du guitariste, du baroque « New Coat Of Pain » de Tom Waits au « Too Much Ain’t Enough Love » de Jimmy Barnes, interprété par le chanteur australien en personne qui voit Bonamassa lâcher la bride à sa Les Paul pour un solo de haute volée digne de Gary Moore.

Onze titres et puis s’en va, nous laissant éclaboussés par un talent qui se confirme d’album en album, « Driving Towards The Daylight » est un album à posséder d’urgence pour les fans comme pour les autres tant chacun pourra y trouver de quoi s’enthousiasmer. Sinon tant pis, de toutes manières Joe nous en sortira un autre d’ici six mois alors…
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