Jimi Hendrix - "West Coast Seattle Boy"

Par Scred | le 16/11/2010 | Les autres articles sur le Rock

Stratosphère
Huit mois après l’excellent « Valleys of Neptune », les archéologues en charge de l’exploration des archives laissées par Jimi Hendrix viennent de mettre à jour un site incroyablement riche. L’objet s’appelle « West Coast Seattle Boy » et contient quatre heures de musique inédite, des démos, des prises alternatives et quelques lives du maître de la Stratocaster, une profusion de sons qui laisse rêveur sur la quantité de trésors encore inconnus cachés quelques part dans les entrailles des studios Electric Ladyland. Visite guidée.
Jimi Hendrix - "West Coast Seattle Boy" Parce que, hé, tout de même, quatre heures d’inédits répartis en une soixantaine de chansons, il fallait les trouver ! Certes, le premier CD (sur quatre) ne contient pas de morceau de Jimi Hendrix à proprement dit. Il s’agit d’une série d’enregistrements où le Voodoo Child officiait en tant que guitariste de studio en compagnie des Isley Brothers, de Little Richards ou encore de King Curtis sur une période s’étendant de 1964 à 1969. L’écoute de ces titres est cependant intéressante puisque l’on découvre un style en train de se forger notamment sur le « Sweet Thing » de Billy Lamont dont Hendrix reprendra à son compte quelques éléments la même année sur « Fire ».

C’est d’ailleurs par cette chanson que débute le second disque de cette anthologie, le plus passionnant pour les fans car il regroupe une série d’enregistrements avec l’Experience couvrant les années 1967 et 1968. On retrouve donc des prises alternatives de « Fire », « May this be love ? » ou encore « Love of Confusion », des versions instrumentales étourdissantes de « Are you experienced ? » et « Castles made of Sand » (où l’on peut enfin détailler le travail incroyable de Jimi sur tout le morceau) ainsi qu’une collection de démos acoustiques de titres monumentaux tels que « 1983 (A Merman I shall turn to be) », « Angel », et « Hear my train coming ».

On trouve également sur ce CD une poignée d’inédits au son magnifiquement restauré, des titres comme « Cats talking to me », « Mr Bad Luck », « Calling all the devil’s children » ainsi que « Little One » où Jimi Hendrix explore les sonorités d’un sitar mélangé à sa guitare ou encore « Tears of Rage », une reprise de Bob Dylan qui aurait mérité de figurer sur l’album « Blues » paru dans les années 90. Pour une fois, le terme « inédits » correspond parfaitement à la réalité, voilà une collection de morceaux que l’on n’avait jamais entendus comme cela, voire jamais entendu du tout !

Les deux autres CD regroupent d’autres chutes de studio à la qualité irréprochable enregistrées entre 1968 et 1970 avec le Band of Gypsies notamment et quelques lives (dont une version de 15 minutes de « Stone Free » capturée au Fillmore East de New York pendant le réveillon du nouvel an le 31 décembre 1970). On notera surtout les versions survitaminées de « Hound Dog » et de « Peter Gunn Catastrophe », le jam de 20 minutes sobrement intitulé « Hendrix/Young » ainsi que quelques curiosités comme ce « Everlasting First » presque pop, l’instrumental « Bolero » ou encore les versions alternatives de titres marquant la fin de la carrière d’Hendrix comme « In from the Storm » et « Hey Baby (New Rising Sun) ».

« West Coast Seattle Boy » s’achève sur un titre de circonstance, « Suddenly November Morning », un titre acoustique sous influence John Lennon se terminant sur l’intro de « Driftin’ », sorte de démo d’outre-tombe où Jimi Hendrix nous tire sa révérence avec l’élégance et la classe folle qui le caractérisait. Une telle profusion de musique aurait pu paraitre un peu indigeste, il n’en est rien. Avec cette anthologie, la légende du guitariste de Seattle avance encore d’un pas à la mesure de son talent inouï, à recommander donc aux fans qui veulent approfondir leur connaissance de l’œuvre du maître et qui en ont marre des bootlegs au son médiocre.
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