Jimi Hendrix - "Valleys of Neptune

Par Scred | le 08/03/2010 | Les autres articles sur le Rock

Vallée de l'âme
Rarement dans l’histoire du rock un musicien aura rassemblé autour de son nom et de sa musique un tel sentiment d’unanimité comme le fit Jimi Hendrix.
Jimi Hendrix - "Valleys of Neptune Je n’ai jamais rencontré qui que ce soit qui m’ait un jour dit « Hendrix c’est nul, qu’il retourne branlotter son manche chez les hippies ! » Oui, les hippies aimaient Hendrix, son univers psychédélique et ses fringues incroyables...

Mais pas que !

Les hardos adorent Hendrix pour la folie de son jeu de guitare, sa liberté totale et ses coupes de cheveux de malade ! Les bluesmen aussi adoraient Hendrix, car ils l’ont immédiatement reconnu comme l’un des leurs... Et puis les amateurs de jazz, les folkeux , ma mère, tout le monde aime Jimi Hendrix !!!

Et c’est bien normal... Ce mec était d’un autre monde, de cet « Electric Ladyland » (le veinard) que l’on imagine toujours réchauffé par les premiers rayons du soleil levant, un lieu dont on fait l’Experience une fois et dont on revient changé à jamais. Comme l’ont été tous les gens qui ont approché l’homme, travaillé avec lui ou simplement partagé un verre, un pétard, un plumard...

Et lorsque l’on écoute ces gens parler de Jimi, à la différence de beaucoup d’étoiles filantes de cette période (Janis Joplin ou Jim Morrison par exemple) dépeintes par leur entourage comme des bateaux ivres plus ou moins pathétiques, on se rend compte que les souvenirs laissés par Hendrix sont à l’opposé. Il était lumineux, contagieux d’enthousiasme, jouisseur sans jamais tomber dans la caricature et surtout bosseur comme personne.

Un qui était bien placé pour le savoir c’est Eddie Kramer, son producteur, que Jimi n’hésitait pas à réveiller à trois plombes du matin parce « qu’il avait une idée » ! Comme le guitariste s’était aménagé son propre studio avec la majeure partie de ses recettes, sa créativité n’était jamais bridée par les horaires de bureau... C’est un peu grâce à cela que nous nous retrouvons aujourd’hui avec une masse d’enregistrement plus ou moins inédits, les bootleggers ayant déjà pillé une partie de ces trésors pour les sortir sur des disques au son indigne du Voodoo Child.

Prenez ce « Valleys of Neptune » par exemple.

Les trois quarts des titres nous sont déjà bien connus et pour le reste, il s’agit souvent de morceaux qui verront leur nom changer avec le temps (« Lullaby for the summer » deviendra « Ezy Rider », « Ships passing through the night » se transformera en « Night Bird Flying », etc.) Aucune importance. Ce qui compte, c’est le son fantastique qu’Eddie Kramer a su ressusciter sur ces enregistrements, du « Valleys of Neptune », seul véritable inédit du lot à « Bleeding Heart » (version speedée pourvue d’un solo qui vous donne envie... qui vous donne envie !) en passant par de nouveaux regards sur « Hear my train coming », « Stone Free » ou encore l’éternel « Red House » sans oublier une version enfin présentable du « Sunshine of your love » que Jimi aimait particulièrement triturer dans tous les sens, avouant par là même une admiration sans bornes pour Eric Clapton qui le lui rendait bien !

Certains esprits chagrins hurleront sûrement au pillage de tombeau pour des raisons bassement mercantiles... Qu’ils hurlent ! Ils feront toujours moins de boucan que ce disque balancé à fond les watts sur ma stéréo !

Disque du mois, je dirais même plus, du mwah-wah !
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