Jeff Hanneman (1964 - 2013)

Par Scred | le 03/05/2013 | Les autres articles sur le Métal

Reign In Peace
On le sentait venir depuis un bon moment, ce jour merdique. Jeff Hanneman nous a quitté sur un dernier riff démoniaque en ce 3 mai 2013, les boules… Pour tout le monde, que l’on aime Slayer ou pas. En même temps, tout le monde aime Slayer pas vrai ? Comment ça non ?
Jeff Hanneman (1964 - 2013) Pourtant, ces mecs ont tout pour plaire, je pige pas… La musique pour commencer, à tout saigneur tout honneur. Prenez « Show No Mercy » (1983), premier opus du groupe et pierre angulaire du Thrash au même titre qu’un « Ride The Lightning » ou que « Peace Sells »… Je le réécoute en ce moment même. Tout était là ! Certes la production a un peu vieilli, mais bon, on parle d’un truc qui a trente ans cette année ! La puissance des riffs, la rapidité de l’exécution (dans tous les sens du terme), les solos épileptiques et les textes…

Ah, les textes de Slayer. Lorsque Jeff Hanneman prenait la plume, ce n’était pas pour gloser sur d’hypothétiques groupies à forte opulence glandulaire, non m’sieurs dames. Quand Jeff Hanneman écrivait, c’était pour plonger au plus profond de la noirceur humaine et de son pire avatar, la guerre. Nous y voilà, le fameux cliché des détracteurs de Slayer, ces gens là sont infréquentables parce qu’ils sont nazis et probablement antichrétiens histoire de faire bonne mesure.

Savent-ils, ces bonnes âmes, que la famille de Jeff Hanneman était originaire d’Allemagne, que son père avait combattu contre son propre peuple aux côtés des Alliés, que les paroles de chansons comme « Angel Of Death » ou « Behind The Crooked Cross » sont certainement les plus pertinentes sur le sujet qu’elle traitent ? Ah mais non, ce serait trop simple.

Ce qui nous amène à l’iconographie de Slayer, l’aigle de fer, les initiales de Kerry « Killer » King, les pentacles, les démons, l’hémoglobine, tout ça… Brillant. Un sens de la provocation comme celui-là force le respect. Parce que ce n’est rien d’autre que cela, de la provocation et une compréhension aigue du pouvoir de l’image. La musique de Slayer est puissante et impitoyable, il leur fallait un décorum adéquat et c’est ce qu’ils ont construit, album après album.

Aujourd’hui, je bois une Heineken sans la moindre modération à la mémoire de Jeff Hanneman, un type incroyable, fêtard invétéré, père fondateur du métal moderne, musicien hors pair et par dessus tout, l’un des grands bonhommes qui prouvait que notre musique fétiche d’était pas seulement un truc de bourrins mais aussi un moyen d’expression intellectuelle unique sur des sujets aussi essentiels que la guerre, la mort, la religion, etc. Demandez à Ben Harper de vous pondre un texte sur l’horreur des camps de concentration ou de l’Inquisition, vous voyez où je veux en venir ?

Et j’ai également une pensée pour Tommy, Kerry, Dave et la famille Hanneman. Jeff est mort mais Slayer continuera sa route, laissant sur son passage des fans heureux et des tympans endoloris… Puissent-ils, ces fans, se souvenir avec gratitude de Jeff Hanneman, un mec sans qui le monde aurait été moins bruyant et probablement un peu plus con.

Rest In Peace dude.
    Dîtes nous si vous avez aimé cet article.