Izia - "So Much Trouble"

Par Scred | le 16/11/2011 | Les autres articles sur le Rock

Incendie
Le premier album d’Izia, paru il y a deux ans déjà, appartient à la famille des disques coup de foudre… Direct et franc du collier, enregistré par dessus la jambe (qu’elle a jolie d’ailleurs), rempli de chansons calibrées pour la scène qui faisait alors office de seconde maison pour la môme Higelin, « Izia » a fait du bien à tout le monde. Et puis il y avait la nana, éclatante de sourires, aussi furieuse que solaire en concert, capable de tenir la dragée haute au public de Motörhead devant un Zénith plein à craquer comme de venir mêler son énergie à celle de Juliette Lewis dans une Flèche d’Or surchauffée… Comment ne pas aimer Izia après tout ça ?
Izia - "So Much Trouble" D’autant plus que la belle ne s’est pas laissée impressionner par le concert de louanges qui accompagne sa route depuis qu’elle est sortie du bois. Héritage familial certainement, le Grand Jacques a dû y veiller. Pas de melon, de frasques médiatiques, juste un passage éclair par une publicité « Petit Bateau » terriblement craquante et puis s’en vont… Où donc ? Au vert, comme il se doit, comme les Stones au moment de l’enregistrement d’ « Exile on Main St. », comme Led Zeppelin pour « IV », comme une grande.

Secondée dans sa tâche par son guitariste fétiche, le décidément surprenant Sébastien Hoog, elle a prit le temps de voir venir les chansons cette fois, plutôt que de leur rentrer dedans bille en tête. Le résultat, c’est un album abouti, il n’y a pas de secret, travaillé comme les morceaux le réclamaient au lieu de balancer la sauce après le traditionnel « one, two, three, four… » et pétri d’influences nouvelles grappillées en cours de route.

On a tendance à oublier qu’Izia n’a que vingt ans du matin et qu’à cet âge là, on a encore la chance de découvrir avec émerveillement des groupes considérés comme acquis par les vieux croûtons que nous sommes ! Ainsi, il paraît évident que les Pixies ont fait une entrée fracassante dans la discothèque de la jeune femme, tout comme certains groupes de la New Wave, sans oublier quelques contemporains tels que Arcade Fire comme en témoigne « You’re love is a gift » au refrain propre à faire pâlir d’envie l’ami Win Butler.

Et tout est à lavement comme dirait Béru, depuis la belle énergie qui fit la réputation d’Izia sur le « Baby » qui ouvre les hostilités ou encore « Top of the World », où elle retrouve les accents à la Patti Smith qui caractérisait son premier album avec une production à la hauteur jusqu’aux mélodies ciselées de « I can dance » et « Twenty Times a Day » qui voient la chanteuse utiliser sa voix d’une manière inédite, sans failles, sans rage, révélant un timbre puissant et infiniment juste.

Au rayon des curiosités, citons « Penicilline », une incursion dans l’univers de The Cure avec cette ligne de basse immédiatement identifiable, reformatée à la sauce Izia avec un final évoquant les premières années de Radiohead, ainsi que le tandem « That night »/ « She », qui chasse allègrement sur les terres de Frank Black avec un bonheur non dissimulé et partagé par l’auditeur.

Dix petites chansons, le chiffre magique pour un album parfaitement équilibré qui réussit le pari lancé par le premier effort d’Izia. Comme quoi, on avait raison d’y croire, cette fille est loin de n’être qu’un feu de paille même si c’est bien d’une flamme que l’on cause ici, un incendie qui vient de prendre aux rideaux et qui risque bien de cramer toute la baraque du rock made in France si l’on y prend garde… Le premier qui appelle les pompiers a ma main sur la figure. Disque du mois, comme il se doit.
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