Iron Maiden - "The Book Of Souls"

Par Scred | le 12/10/2015 | Les autres articles sur le Métal

Inca à part
Et de seize ! Après « The Final Frontier » (2010) qui avait fait flipper tout le monde avec son titre en forme de tirage de révérence, des années de tournée aux quatre coins de la planète (terre je précise) et un petit cancer qui ne savait pas à qui il avait affaire en s’en prenant à la langue de Bruce Dickinson, nos fiers anglais se payent le luxe de nous offrir le premier double album de leur histoire comme si de rien n’était, comme si quarante ans de carrière n’avaient pas émoussé leur inspiration d’une miette !
Iron Maiden - "The Book Of Souls" Bien au contraire, ces longues années passées au service d’un heavy metal fondateur semblent avoir servi de creuset pour ce « Book Of Souls » qui puise avec bonheur dans chaque période du groupe pour en retirer le meilleur, le tout exécuté sous la houlette du « Caveman » Kevin Shirley aux fameux studios Guillaume Tell à Paris, l’une des zones de confort d’Iron Maiden où les mecs ont pu se retrouver dans tous les sens du terme…

Car « The Book Of Souls » n’est rien d’autre que cela, une bande de potes soudés par des décennies d’expériences communes, passés outre les engueulades et les accidents de la vie, bien décidés à faire passer l’éclate avant tout (d’où l’enregistrement live de l’album, presque simultanément de l’écriture à la bande) et à redonner au mot « groupe » son vrai sens puisqu’à la lecture des crédits, on se rend compte que ce disque est avant tout un effort collectif, chacun ayant apporté sa pierre à la pyramide Maya où Eddie a cette fois établi ses quartiers provisoires.

Une pyramide, tiens donc, cela ne nous rappelle rien ? Car s’il est vrai que l’on peut déceler des clins d’oeil à de nombreuses œuvres du passé dans les onze titres qui composent l’album, c’est bien « Powerslave » (1984) que l’ensemble évoque avec insistance, sans que cela ait été réellement voulu par le groupe. La construction générale, alternant titres coup de poing (« Speed Of Light », « Death Or Glory »), morceaux de bravoure (« The Red And The Black », « The Book Of Souls », « Shadows Of the Valley ») et se clôturant par une cavalcade épique de 18 minutes (« Empire Of The Clouds ») en est un des premier symptômes.

L’autre indice qui ne trompe pas est l’évidente qualité des compositions, la déconcertante facilité avec laquelle Iron Maiden revisite sa légende sans se parodier, d’aucune mauvaise langue parlerait presque de fan service tant chaque chanson fera naître un sourire de contentement chez le fan averti tandis que l’auditeur novice (petit veinard) aura envie de découvrir ce qui se cache derrière les breaks ébouriffants de « When The River Runs Deep », la brusque accélération de « The Book Of Souls » qui donne son titre et la tonalité générale de l’album (sans parler des solos ciselés pour l’occasion par les trois mousquetaires Smith/Murray/Gers) ou la gravité de « Tears Of A Clown », dédié au (très) regretté Robin Williams.

Au final, « The Book Of Souls » s’écoute d’une traite et on a peine à croire qu’il s’est écoulé 92 minutes entre les premières mesures de « If Eternity Should Fail » jusqu’aux dernières notes de piano de « Empire Of The Clouds », toutes deux écrites par Bruce Dickinson lui même, plus que jamais figure de proue d’un groupe qui n’est plus la « chose » de Steve Harris comme par le passé, mais une entité cohérente, unie et diablement heureuse de jouer ensemble.

Qu’on se le dise, le testament de la vierge de fer reste encore à écrire, on en reparle dans une dizaine d’année et une poignée de nouveaux albums aussi excitants que ce petit dernier dans leur besace ! Up the Irons !
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