INXS - "Original Sin"

Par Scred | le 12/11/2010 | Les autres articles sur le Pop

Reprises multiples
Un tribute album autour de la musique d’INXS ? L’idée semble délicieusement anachronique tant le groupe semblait avoir disparu des écrans radars depuis la mort de leur chanteur et leader Michael Hutchence. Car INXS, c’était avant tout Hutchence, héritier naturel de Jim Morrison dans le rôle de sex symbol à la voix d’or et au charisme animal et ce malgré l’immense qualité musicale du groupe des frères Farris par ailleurs… Mais voilà. Hutchence mort, le groupe n’avait plus vraiment de raison d’exister (tout comme les Doors quand on y pense).
INXS - "Original Sin" Mais c’était sans compter la nostalgie galopante des années 80/90 qui sévit de nos jours. Le public n’a jamais oublié « Need you tonight » et « Suicide Blonde » et est tout disposé à reprendre une petite dose d’adolescence pour peu qu’on la lui emballe dans un joli papier cadeau ! C’est à peu de choses près ce que j’ai pensé de cet album en le découvrant ce matin dans ma boîte aux lettres… Une réunion d’artistes au gros potentiel reprenant sans conviction des chansons ayant déjà fait leurs preuves, cela s’appelle de l’argent facile !

Seulement, en regardant le casting de plus près, j’ai commencé à me poser des questions. Mylène Farmer et Ben Harper en duo sur « Never tear us apart » ? Ça c’est pas banal ! Et de fait, dès les premières secondes d’écoute, il faut bien avouer qu’on est scotché. L’association fonctionne à merveille, Mylène Farmer jouant la carte de la sensualité (et en français dans le texte en plus !) plutôt que celle de la fragilité, laissant le registre de l’émotion à un Ben Harper furieusement soul, le tout sur une orchestration complètement revisitée n’ayant plus rien à voir avec l’originale. Voilà ce que j’appelle de la reprise, et pas une simple et banale répétition.

Merde alors, ma chronique tombe à l’eau, va falloir que j’écoute le reste !

La version de « Mediate » par Tricky par exemple, un titre au climat étouffant et terriblement sexuel chez INXS qui récupère une bonne dose de moiteur sous les coups de boutoir de l’ancien alchimiste de Massive Attack à grand renfort de guitares saturées et de rythmiques tribales aboutissant à un disco froid au terme d’une lente montée orgasmique. Une fois encore, on est très loin du titre original et c’est tout l’intérêt de la chose. Même punition pour « Mystify », entièrement chantée en français par Loane et John Mayer dans une ambiance oscillant entre Nouvelle Vague et Pink Floyd, assez perturbant au début et finalement terriblement accrocheur.

Le choix des titres est d’ailleurs assez révélateur du souci de qualité qui préside à la réalisation de l’album. Prenez « Beautiful Girl », une chanson assez confidentielle tirée de l’album « Welcome from wherever you are » (le meilleur du groupe selon moi). Le chanteur de Train, Pat Monahan, parvient à y insuffler un petit supplément d’âme dont la version d’INXS ne semblait pourtant pas avoir besoin et cela marche à merveille ! Tout comme « New Sensation » interprétée comme un gospel par Deborah De Corral, transfigurant complètement un titre qui faisait danser les stades en une prière qui colle parfaitement aux paroles. Rien à dire, du beau boulot.

Bien sûr, il y a quelques ratés (« Kick », « Original Sin ») mais même là, on ne peut nier la tentative d’originalité apportée au travail des morceaux. L’album s’achève sur la seule version plus ou moins proche du modèle, « The Stairs », chantée par le « nouveau » chanteur d’INXS JD Fortune, qui aurait tendance à nous réconcilier avec le groupe et faire mentir le premier paragraphe de cet article… Advienne que pourra, en attendant ce « Original Sin » reste une excellente surprise et un album à conseiller à tous les fans des australiens qui ont envie de jeter un regard neuf sur leur groupe fétiche.
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